S oó HISTOIRE DE L’E M P I R E
ïX mis au ban de l’Empire : ses accusateurs réunirent leurs forces & lui firent îttííj/hd’Ái- guerre. Hors d’état de la soutenir, & pour éviter sa ruine, Louis se soumit,Icraagne, a lla trouver l’Empereur, auquel il avoir jadis prêté une somme considérable,14001440. à déchirant l’obligation de cette somme, il promit de réparer tous les torts—-- dont on se plaignoit, & de supprimer les impôts qui avoient soulevé ses su-
jets. Sigismond très-content d’être dégagé de fa dette, exigea encore deLouis qu’il se désistât de ses droits fur Donawerth, & Louis s’engagea parécrit à ne plus prétendre fur cette ville ; par ce moyen il mit fin aux affaires■fâcheuses qu’il s’étoit suscitées (1).
II y avoit à terminer une affaire plus importante, une contestation plus en-venimée , à pour le jugement de laquelle l’Empereur convoqua à Francfortune diete à laquelle se trouvèrent les Légats du concile de Bâle & la plupartdes Princes de l’Empire. II s’agiffoit de décider à qui appartìendroic l’Elec-torat de Saxe, vaccant par la mort d’Albert III, Prince de la branche Elec-Contc/fsl- torale de l’ancienne maison d’Ascanie. Cet Electoral étoit très vivement dis-lioniau su- puté par Frideric le Belliqueux, Marquis de Misnie ; Louis, Comte Palatin ;•ja de l’È- §r p ar Eric de Saxe Lawembourg, qui y avoit des droits beaucoup plus évi-Sax ™ 1 fer- dens que scs compétiteurs. En effet, Eric prouvoit que les lettres d’invesii-tencéinique ture délivrées h Bernard l’Ours par l’Empereur Frideric, en 1180, por-de Sigu- toient expressément que ce Duché & les autres Etats qui en dépendoient pas-mnd, seroient aux descendans mâles de Bernard en ligne directe & légitime. Or,Eric de Lawembourg dèscendoit directement de Bernard l’Ours. Cette preuverendoit incontestables les droits d’Eric; mais malheureusement pour lui, Fri-deric le Belliqueux se servit d’une raison plus décisive, il fit présent h l’Em-pereur de cent mille florins, & l’équité de Sigismond ne tenant pas contrecette maniéré de faire valoir une cause, il donna l’investiture de l’Electoratde Saxe à Frideric le Belliqueux, en considération, dit-il, des services es-sentiels qu’il avoit rendus à l’Allemagne (2): mais il ne sagifloic pas là desservices que le Marquis de Misnie pouvoit avoir rendus, il étoit question dedécider entre ses droits qui n’étoient pas fondés & cdbx d’Eric de Lawem-bourg qui étoient démontrés. D’ailleurs, l’Electorat de Saxe n’étoit pas uneffet dont l’Empereur pût disposer, puisqu’Eric descendoit évidemment deBernard l’Ours, aussi appella-t il de cette sentence au concile de Baie.- maisl’Empereur ne voulut point souscrire h cet appel ; & protesta que c'étoit klui íéul à défendre les droits de l’Empire, & en cela il avoit raison; mais iln’en avoit pas en privant Eric de ce fief dont il donna folemnellement l’in-vestiture à Frideric, qui le transmit à scs descendans, malgré les réclamationsmille fois réitérées des Ducs de Saxe Lawembourg, jufqu’à Jules Françoisde Lawembourg, qui, en 1671 fit avec Jean Georges, Electeur de Saxe unconcordat de succession mutuelle, dont nous aurons occasion de parler dansla fuite (3). Dans son voyage de Francfort à Ratisbonne, où il alloit tenirune nouvelle diete ; Sigismond rencontra les Ambassadeurs de Bohême aveclesquels il continua fa route, & qui exposèrent devant la diete les différensobjets de leur Ambassade, concernant les privilèges dont ils demandoitnt à
(1) Adlzreit ann. Boic. Gent. Part. 2. L. 7. (2) Fabric. Orig. Snxon. L. 7. Cbm.
Spalatin. amt llcuteder Tom. 1. Lib. 4. 1(3) Kranuius ò'axmia Lib. aï. cap. ic.
Struvius Ptrioti. 9. Windecls cap. 102.