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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sëct. IX. 311

nation. II est vrai que les Calixtins ne formoiem pas le plus grand nombre, jjîst. d'Ar-mais ils étoient très-obstinés & il yavoit à craindre que toc ou tard ils ne lemagne,se réunifient aux Thaborices & aux Orphelins, cette opposition affligea sensi- 1400-1440,blement l’Empereur, dont la santé étoit déjà très-chancelante; fa maladie 'devint de jour en jour plus grave, & après quelque tems de souffrances, il Mort demourut à Znaim, âgé d’environ 70 ans, après un régné de 51 ans en Hon-grie, 27 ans après être monté au trône de TEmpire, & dans la 17 année de 1437 ‘son régné en Bohême,

Sigismond ne fut, ni grand guerrier, ni fort habile Général; mais par ladouceur de ses maniérés, par fa popularité, fa bienfaisance, il se fit aimerdes Allemands & des Italiens: il fut très-adroit négociateur: il parvint mê-me à fe faire aimer des Bohémiens, dont il eut l’art d’amollir les mœurs, parles plaisirs qu’il ne fuyoit pas lui-même: les fa van s & les gens de lettres fu-rent très - accueillis à fa cour; mais les bienfaits qu’il versoit fur eux n’étoiencrien en comparaison des trésors qu’il prodiguoit pour donner, & quelquefoispour acheter la paix. II parloit plusieurs langues avec une égale facilité; ilpasiòit pour l’un des Princes les plus éclairés de son siécle; la nature lavoirdoué de la plus intéressante figure ; ses vertus n’étoient pas éclipsées par sesdéfauts, qu’il cachoit avec arc. Du reste, il étoit en même tems, avare,

& très-prodigue; dominé par l’ostencation, il regreccoic les dépenses énor-mes que lui avoit couté le désir de paroître. II étoit glorieux & aimoit àparoître facile & fans prétention: par intérêt il manquoic de parole, s’en ré-pentoit; mais ne réparoic pas ses torts; il étoit peu constant en amitié, maistant qu’il restoit attaché à ses amis, il les combloic de bienfaits; on assurequ’il étoit fort versé dans les affaires: il aimoit beaucoup à présider aux diè-tes, qu’il convoquoit très-fréquemment: ce fut lui qui par une bulle statuaque déformais nul Prince ne pourroic être élu Roi des Romains qu’il n’eutau moins dix* huit ans. De Marie, fille unique du Roi de Hongrie, fa pre- Sa postéritémiere épouse, il n’eut point d’enfans. Barbe, fille de Herman, Comte deCilley qu’il épousa en secondes noces, lui donna une fille, la Princesse Eli-sabeth, qui en 1422, fut mariée h Albert V, Duc d’Autriche, mariage quifit paíser dans la maison d’Autriche cous les biens de la maison de Luxem-bourg. L’impératrice Barbe 'eut beaucoup d’ambition, mais elle fut fansmœurs; fa conduite fut scandaleuse, & Sigismond son époux fut peut-êtrele seul qui ne connut point, ou qui feignit de me point connoître ses désor-dres; elle survécut 4 années h son époux, & s’il faut s’en rapporter au plusgrand nombre des historiens de son tems, fa conduite fut auífi peu régléedans fa viduité, qu’elle l’avoic été pendant son mariage.

Dans l’Empire, comme dans l’Allemagne on s’attendoic à voir le sceptreImpérial paíser des mains de Sigismond dans celles de son gendre. De tousceux en effet, qui cuisent pu prétendre à cette dignité, Albert étoit fans con-tredit le plus puiílànt, & c’étoit h lui seul que les Electeurs destinoienc leurssuffrages; mais avant que de se déclarer, ils attendirent environ quatre mois,soit qu’ils croisent avoir besoin de ce délai pour mieux connoître les bonnesqualités de ce Prince, soit qu’avanc ils voulussent le voir décoré des couron-nes de Bohême & de Hongrie. Fils d’Albert IV, Duc d’Autriche surnomméla merveille du monde , & de Jeanne, fille du Comte de Hollande, Albert V,