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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. IX. 313

étoient renfermées les troupes ennemies. Celles-ci comptant trop fur leursforces marchèrent au devant des Autrichiens: les deux armées fe rencontrè-rent aux environs de Prague ; celle de Ladiílas étoit inférieure en nombre ; iln’ofoit hasarder une action décisive, & il fe renferma dans ses retranchemens:Albert courut le forcer dans ce poste, mit les Polonois en déroute, remportaune victoire complette (i), contraignit Ladistas & Casimir de s’en retourneren Pologne, alla h Prague où il fut généralement reconnu pour Roi, établiele Comte de Cilley oncle de fa femme, Gouverneur de Bohême, avec le-quel il s’étoit récemment réconcilié, & partit pour Breslaw. A peine il étoitarrivé, qu’il reçut Roderic, Evêque de Burgos, Prélat que le concile de Bêleavoit chargé de négocier un accomodement entre les deux Rois prétendansà la couronne de Bohême. Roderic étoit un excellent & très-habile négo-ciateur, mais il ne put persuader aucun des deux concurrens, Casimir nevoulut pas céder l’apparence de droit que lui avoient donné les Calixtins, iln’étoit pas naturel qu’Aibert, maître de la Bohême & par droit de conquête& en vertu du testament de Sigismond, fe dépouillât d’une souveraineté silégitimement acquise, aussi Roderic n’obtint-il des deux Rois autre chose,sinon qu’ils reconnoîtroient le concile de Bâle, & qu’ils refuseraient d’obéirau Pape Eugene, qui s’efforçoit toujours de vouloir transférer le concile enItalie.

L’Iralie étoit alors dans la plus grande agitation, la mésintelligence d’Eu-gene avec les Cardinaux fecondoit les projets d’ufurpadon d’une foule deTyrans qui opprimoient ces contrées, & fur-tout de Viscomti, qui fe ren-dort chaque jour plus redoutable aux Vénitiens & aux Florentins.

Ce fut pendant ces troubles, & dans la vue d’en arrêter le progrès queles Electeurs assemblés à Francfort procédèrent à sélection d’un Roi des Ro-mains; Albert réunit les suffrages, il fut nommé tout d’une voix, & on luienvoya une ambaflade pour l’inviter à venir prendre poílèssion de la dignitéImpériale. Albert s’attendoit si peu au choix des Electeurs qu’il ne s’étoit mê-me pas rendu à Francfort pour y donner fa voix, en qualité de Roi de Bo-hême. La nouvelle de son élection l’embarrassa au point qu’il ne voulut pointaccepter l’Empire, avant que d’en avoir obtenu le consentement des Hon-grois , auxquels il avoic promis de ne point recevoir de couronne fans leuragrément. II ne fe trompoit pas, les Hongrois refusèrent d’abord de permet-tre à leur Roi de prendre les rênes de l’Empire; ce ne fut qu’aux vives sol-licitations de Frideric, Duc d’Autriche, qu’ils consentirent enfin que leur Sou-verain fut revêtu de la dignité Impériale. D’après leur agrément Albert futfolemnellement couronné Empereur à Aix la Chapelle des mains de l’Arche-vêque de Cologne: ainsi dans î’intervalle de 4 mois l’Empereur Albert II réu-nit trois sceptres; ceux de Hongrie, de Bohême & de l’Empire (2). Sonpremier foin fut d’aflèmbler à Francfort une dicte générale pour y délibérerfur le parti qu’il y avoit à prendre dans la division du Pape & du Concile.Car alors cette grande affaire sixoit l’attention de l’Europe entiere. L’inflexi-ble Eugene, fans prévoir les fuites trop cruelles de son obstination, avoit

(1) Balbin Epit. Rer. Bobem. L. 5. Dugîolïï FUJI. Pelon. L. 12. (2) Bonfia. FUJI',

&u>ig. Fugger L. 4. cap. 8. Dubrar. JJiJl. Bohem. Acneas Syiyius Hïst, âelun. cap. 55.

Tome XL, Rx

mu. ffAi-lemagne,

1400-14401;

Etal de l’ijtalie.

Albert FIélu £? cou,ronné Em-pereur,