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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. X. Z 27

tence, de renoncer aux impôts accabians dont il ne ce/Tbit de surcharger l’Al- d , A jlemagne, & de se déclarer inférieur aux conciles, ils étoient eux-mêmes ré- itma £ ne,"soins à renoncer à son obédience, & à reconnoître Félix V pour seul à lé- 1440-1515.gitime Pape. Les Electeurs déterminés à soutenir leur délibération, l’envoye- 'rent à l’Empereur Frideric en le priant de se charger de le notifier au Souve-rain Pontife. Tout autre que Frideric 111 eu r saisi avec empressement cette Entreprisoccasion de fe venger du trait d’ingratitude d’Eugene qui avoìc approuvé l’u- hardiesurpadon de Ladiíhs: mais Frideric ne fe vengea que par une nouvelle preu-ve de générosité, & quoique par elle-même faction de cet Empereur soittrès-respectable, on ne voit pas à quel propos il prenoit avec tant de cha-leur les intérêts d’Eugene, le moins pacifique & le plus obstiné des hommes.

Quoiqu’il en soit, l’Empereur répondit aux Electeurs que quelques raisonsqu’il eut d’être mécontent de ce Pape il ne souffriroit pas qu’on attentât àFautoritá Pontificale, mais qu’ii s’engageoit h solliciter puissamment auprèsd’Eugene pour que celui-ci révoquât la sentence de déposition qu’il avoit pro-noncée (i).

Frideric remplit exactement sa promesse, Aeneas Sylvius fut chargé d’allerreprésenter au Pape combien il avoit ulcéré par la disposition des deux Ar-chevêques le College Electoral : Eugene qui avoit déjà senti combien fâcheu-ses pouvoient être pour lui les suites de cet acte d’autorité, parut sensible aux-remontrances de l’envoyé de Frideric, & il dit qu’il ne demandoit pas mieuxque de rétablir les deux Electeurs déposés, & qu’il révoquerait fa sentenceaussitôt que les circonstances le lui permettraient. En esset, très-peu de temsaprès, Eugene instruit de la tenue d’une dicte qui venoit d’être convoquée àFrancfort, y envoya l’Evêque Cardinal de Bologne, Thomas de Sarsane, &le Cardinal Carvajal chargés d’une bulle avec plein pouvoir de travailler à laréconciliation des deux Prélats, pourvu (étoit il dit dans la procuration) queles deux Légats ne fissent ni n'accordassent rien qui pût en aucune maniérépréjudicier aux intérêts du S. Siégé. Cette clause n’étoît rien moins que satis-faisante , elle laissoit toujours Eugene le maître de désavouer tout ce qu’au-roient fait ses Légats, aussi les Electeurs bien loin de s’en contenter, ren-voyèrent Aeneas Sylvius chargé de présenter au Pape, un écrit qu’ils le fom-moient de signer & par lequel il promettrait d’assembler inceílàmment un con-cile, de reconnoître expressément f autorité des conciles œcuméniques au des-sus des Papes, de satisfaire inceílàmment la nation Germanique fur les griefsdont elle avoit à fe plaindre ; enfin de révoquer au plutôt la sentence de dé-position prononcée contre les Archevêques de Cologne & de Trêves. Auxtermes dans lesquels ce projet d’accomodement étoit conçu, Eugene sentantqu’il falloic ou se perdre incontestablement, ou bien tout accorder aux Elec-teurs qu’il avoit st mal adroitement offensés, prit le dernier parti, & c’étoi*le plus sage, il souscrivit à tout ce que l’on éxigeoit de lui, & la bulle qu’ílenvoya fit tant de plaisir aux Princes d’Allemagne, que pour lui témoignerleur satisfaction, ils le reconnurent pour seul & légitime Pape, & resofereníd’approuver les décrets du concile de Bâle, auquel cette réconciliation fut L>funeste qu’ii ne fut plus regardé comme légitimement ailèmblé, &t'ès-gess

(r) Aeneas- Sylvius. Cochler, Lib. 9. Pag. 542., 343,