Sect. X.Hifl. d’Al-Jewagne,1440-1519.
Traité enyilsace,tuqutl íeDauphin deFrance ejlcontraint.: J 445 I44<J.
%l6 HISTOIRE DE L’E M P I R E
entendu fournir des vivres pour de l’argent, & les François n’en ayant point,ces vivres leur furent refusés; dans la nécessité où ils se trouvoient, ils eu-rent recours à la force, & fe répandirent dans la campagne, allant & rava-geant tous les lieux par où ils passoient. Les habitans d’Alface trop foiblespour arrêter ces dévastateurs armés & d’autant plus redoutables qu’ils étoienceux - mêmes prestes par la nécessité qui ne reconnoit point de loix, implorè-rent le secours de Frideric, aux plaintes duquel le Dauphin répondit queles Alsaciens s’étant engagés à fournir des vivres à son armée & manquant àleurs engagemens, il ne pouvoit ni réprimer ses soldats, ni contenir les An-glois qui marchoient fous ses ordres, & qui se procuraient par besoin cequ’on leur refusoit par la plus énorme injustice. Cette réponse que la situa-tion de Tannée Françoise, & Tiniidélité des Alsaciens h leur promesse, ren-voient si admissible, ne satisfit point TEmpereur. Résolu de délivrer la pro-vince d’Alsace, il leva de nombreuses troupes, marcha contre le Dauphin,qui ne fe croyant point en état de lutter contre une aussi forte armée, con-clut la paix, évacua T Alsace, & se retira en France aussi mécontent du trai-té que les Impériaux Ta voient contraint de signer, que de la funeste journéequi avoit si cruellement flétri la gloire de ses armes en Suisse (1). Mais lapaix ne fut pas pour cela rétablie en Alsace. Les châteaux & les villes quiavoiect favorisé les armes des François furent T objet des vengeances du ComtePalatin, il mit à feu & à sang la ville de St. Hippolite, & tout le pais nommé leLeberthal sur les bords du Leber. Les Bâlois commettoient les mêmes excès,contre les seigneurs alliés des Princes Autrichiens, ils envoyèrent cinq cens hom-mes en Alsace, sous les ordres d’un officier qui savoit profiter de la nuit pourmettre le feu aux châteaux des nobles & aux villes fans défense. Les marchandsdu Sintgaw reçurent ordre de 11’avoir plus aucun commerce avec la ville deBâle que cette défense réduisoit h la disette. Les Bâlois au nombre de 2500firent une irruption dans le Suntgaw, le mirent à contribution & le désolè-rent. Les paysans & les nobles dévastèrent les terres des Suisses, & marchè-rent contre les Bâlois qui les dispersèrent & les battirent : de part & d’autreçeux qui tentoient de s’opposer à ces violences en commettoient eux mêmesîes premiers, jusques à ce qu’enfin, le Marquis de Bade, le Comte de Wirtem-berg & TElecteur Palatin s’entremirent pour rendre la paix à TAlsace désolée.
Ct fut h peu près dans ce tems que le turbulent Eugene se signala parûn nouvel attentat qui pensa lui coûter fort cher. Déposé par les Peres ducoude de Bâle, mais soutenu par le chef de l’Empire, Eugene, sans égardaux obligations essentielles qu’il avoit à son protecteur, & toujours animé dudésir de fe venger de ses ennemis, entreprit, fans consulter ni Frideric, nile Goliege Electoral, de déposer Théodoric de Meurs, Electeur, Archevê-que (e Cologne, & Jacque de Siérait, Archevêque Electeur de Trêves, parla selle raison qu’ils avoient adhéré au concile de Bâle & à tout ce qui s’yétoìt fait. A la nouvelle de cette audacieuse déposition, les Electeurs de Mayen-ce, ie Saxe, du Palatinat & de Brandebourg, s’assemblant en diete h Franc-fort, & se réunissant contre le Pontife, signèrent une délibération, par laquel-le ils déclaraient à Eugene que s’il ne se hâtoit de révoquer son inique sen-
(z)Baniel Ii‘[ì. dc F, Régné de Charles Vil. Recueil des traités de Léonard.