Sect. X.fíist. d’Al-lemagne ,1440-1519.
Cérémoniespuériles dece couronne-ment.
firitiericvoyage enItalie.
33 i HISTOIRE 1>E L'EMFIRE
front les degrés de la basilique: mais au dernier degré étoir un cheval de pa-rade superbement enharnaché, le Souverain Pontife monta dessus, & Fridericen Prince très-instruit de ses fonctions, prit le cheval par la bride, & con-duisit Nicolas V pendant quelques pas: il se rendit ensuite à S. Jean de La-tran où il prit encore possession d’un canonicat. Nous avons cru devoir nousarrêter à ce cérémonial, quelque puérile qu’il parusse, parce qu’en effet c’est.un des plus beaux endroits de la vie de Frideric: mais tous les momens detriomphe s’écoutent, & cette briffante journée finit par un somptueux repasoù présidèrent les deux chefs & qui dura fort avant dans la nuit.
Très - satisfait des honneurs qu’on lui avoit rendus, l’Empereur s’éloigna deRome & fe mit !r parcourir les Etats d’Italie, accompagné du jeune Ladiílasqu’il instruifoit des loix des différens Gouvernemens qu’ils visitoienc, des mœursdes habitans, de leurs bonnes qualités, de leurs-défauts* des vertus ou des vicesdes Souverains ; excellentes instructions, à supposer que Frideric fut bien capabled’observer, leçons fort-propres fans-doute ì éclairer le jeune Ladiflas, maisqui, tout bien considéré, ne le dédommagement pas de la couronne de Hon-grie, ni du sceptre de Bohême, fes Etats héréditaires* où on désiroit fa pré-sence, & dans lesquels son tuteur, pour des raisons que lui seul connoissoìt-ne vouloir pas lui permettre de fe rendre. Préférant aux fonctions du chef>de l’Empire celles de Mentor du fils d’Albert, Frideric fe propofoit de voya-ger bien plùs íongtems encore, lorfqu’il apprit l’alhirmante nouvelle d’unerébellion qui bouleverfoit ses Etats d’Allemagne, & qui étais d’aurant plusdangereuse qu’elle avoit pour chef, Thomme le plus hardi, le plus ambitieux& le plus intriguant: cet homme étoit le factieux Eisinger, particulier obscurpar fa naissance, mais qui à force d’intrigues, d’adreíîè & même de talensétoit parvenu à s’ëlever au rang des seigneurs ies plus respectés de l’Empi-re ( 1 ). L’entreprenant Eisinger instruit des fentimens peu favorables desPeuples & des Grands pour l’Emperear, qui à la vérité par l’excès de sonindolence pour les affaires de l’Empire, & par son zele outré pour Rome,le Pape & les conciles, ne fe faisoir guere estimer, attisa autant qu’il fut enlui le seu de la rébellion. Voici l’origine & le» progrès de cet incendie.Le prodigue Albert, Duc d’Autriche accablé de dettes, se vit forcé de vendreun château près de Neustadt. Eisinger qui fous l’Empereur Albert s’étoic ren-du maître de toutes les parties de ['administration, avoit acquis une fortuneredoutable dans un Etat, il se présenta pour acheter le château, & le mar-ché étoit conclu; l’Empereur Frideric demanda la préférence, & l’obtintsur un mot équivoque d’Eisinger qu’Albert fit semblant de prendre pour undésistement. Eisinger indigné vouloir être mis en possession: Frideric crutrapprises en lui donnant des charges à la cour. A peine ce Prince fut il partipour l’Italie qu’Eifinger convoqua une diete à Meilperg où Ton rassembla lanoblesse Autrichienne & Morave; Eisinger la harangua & il fut résolu drs-’emparer du Gouvernement, & de demanderLadisias h l’Empereur. Sur lerefus de ce Prince Eisinger alla en avant; il excita les nobles à inviter leshabitans de Vienne à fe joindre à eux. Les Viennois avertirent l’Empereurjuife contenta de défendre toute assemblée & tTéarire à Eisinger, Celui ai
Ct) Áeneas Sylvíus, tìijhr. Bihem,