D’ALLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. X. 'zz?
remplit fa promesse , que son peu de précaution rendit même inutile. Soitqu’il ne put se persuader que Constantinople étoic tombée au pouvoir des lema'gne, 'Turcs, soit que, le plus foible des Princes de la Chrétienté, il voulut se 1440-1519.signaler par une entreprise célébré, Calixte mit en mer une nombreuse flotte, '
& fit partir en même tems un corps de troupes avec ordre de se rendre surles frontières de la Hongrie. Par malheur le Souverain Pontife avoit oubliéde pourvoir en même tems à la subsistance de cette foule de croisés, qui setrouvèrent dans la disette, & ne se souvenant plus que c’étoit contre lesTurcs qu’ils dévoient se signaler, commirent d’affreux brigandages & se ré-pandirent en Autriche & dans la Carniole qu’ils ravagèrent en voleurs & enaíTaíîìns (1).
L’Empereur Frideric III eût bien voulu s’opposer aux excès de ces dé-vastateurs, mais il étoit retenu en Allemagne par une contestation & une que-relle qui s’enflammant chaque jour davantage faisoient craindre les plus cruel-les guerres. Le Duché de Luxembourg étoit l’objet de cette dispute, plu-sieurs Princes se disputoient ce pays: le Comte de Saxe qui n’y avoit pas,mais qui prétendoit y avoir les droits les plus évidens, s’en étoit emparé, &déjà il se flattoit de s’en assurer la poste filon, quand le Duc de Bourgogne,qui avoit ausiì des vues fur ce Duché surprit pendant la nuit le Comte deSaxe, le contraignit de s’éloigner, se rendit maître de cette souveraineté &la remit à la Duchesse Elizabeth de Gorlitz, qui en esset avoit sur ce paysles titres les mieux fondés. Le Duc de Bourgogne agissoit pour lui-même, Troubla encar très - peu de tems après Elizabeth lui céda ce Duché pour une modique Allemagne.somme de 12 mille florins d’or & une pension viagère de Sooo florins; en- * 454 -forte que l’acquisition de cette souveraineté ne coma que 12000 florins auDuc de Bourgogne, la mort d’Elizabeth survenue fort peu de tems aprèsle dispensant de payer la pension à laquelle il s’étoit engagé. Ce ne fut ce-pendant point fans opposition que le Duc de Bourgogne avoit acquis d’Eli-zabeth de Gorlitz le Duché de Luxembourg; car Ladiíks, Roi de Hongrie& petit-fils de Sigismond, y avoit du chef de fa mere de fortes préten-tions , mais il ne put les soutenir par la force des armes ï cause du voisi-nage des Turcs & de leurs conquêtes.
Mahomet à la tête d’une armée de 150000 hommes asilégeoit alors Bd- Les Tuasgrade, & pour qu’aucun secours ne put y pénétrer, il faìfoìt garder 1s Da- J ont laW,tnube par une flotte de rooo voiles. La chute de Belgrade scmbloit inévi-table, & elle n'eut pu résister aux Ottomans, si le brave Hunniade n’eat va- 1455.1456.leureusement entrepris de la secourir; il dispersa la- flotte de Mahomet, &alla attaquer les asiìégeans fous les murs de la ville, il les défit entierenent,
& contraignit Mahomet de lever le fiege (s). II est vrai que dans ce derniercombat Hunniade fut merveilleusement secondé par Jean Capistran son tumo-nier. Capistran étoit un Cordelier plein de valeur, & qui pour ne pás man-quer aux loix de l’Eglise qui défend à ses ministres de répandre le sang, n’a-voit pour armes que son Pseautier; mais les bras nerveux du Cordelier è ser-voient de cette arme comme d’une massue, & d’un seul coup il abattt l'undes plus redoutables ennemis ; il est vrai encore que fier de son triompie, ils’attribua tout l’honneur de la victoire, & prétendit que fans lui lesHon-
(D Paulus Langius Chronie, Pag. 1244. (r) Gener. P. 479. b feîl- N ll rier.
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