D’A LLEMAGNE. Lrv. XXV. Sect. X. 343
Paul II avoir déposé le Roi de Bohême, & il écoìc bien résolu, à ne pas rji jilaisser dans ses mains le Sceptre dont il l’avoit dépouillé : aussi disposent en lemagne, '*maître de cette couronne, il l’envoya offrir à Mathias, Roi de Hongrie: Ma- 1440-1510»thias étoit ambitieux, il accepta fans balancer l’ossre du Pape, & fit savoir ~aux Catholiques de Bohême qu’aussitôt qu’il auroit terminé la guerre qui le n pelacm<-retendit en Transylvanie ; il iroit suivi d’une nombreuse armée y prendre pos- rime desession du trône &les délivrer dePodiebrad qui malgré eux prétendoit les gou- Battue àverne-r. Fidelle à ses promeílès, Mathias n'eut pas plutôt soumis les Tran- ^ t,! J assylvains que rassemblant toutes ses forces, il entra en Bohême, & alla formerle siégé de Hradisch dont les habitans soutenus par une forte garnison, défen- marche car t-dirent si valeureusement la cause dePodiebrad, qu’ils donnerent à celui ci le treRnitems de s’avancer, h la tête d’une nombreuse armée : mais cette armée étoitcommandée par des Officiers les uns très-attachés, les autres fort peu au RoiPodiebrad & ennemis les uns des autres; enserre que leur mésintelligenceéclata au moment où ils dévoient agir, la plupart d’entre eux refusèrent d’o-béir, Podiebrad craignant des malheurs encore plus irréparables, fut contraintde s’en retourner fur ses pas ; fut très-vivement poursuivi dans fa retraite, &
Mathias, le harcelant fans ceflè, lui tua la plus grande partie de ses soldats. LeRoi de Bohême, dans l’espoir d’éviter de plus grands désastres, fit demanderune entrevue à son rival, celui-ci l’accorda; mais les deux Souverains, au-lieu de conférer paisiblement se firent des reproches senga ns, & leur querelles’échaussa au point que Podiebrad dont la vieillesse a vol t appesanti les forcesproposa un duel h Mathias, qui répondit qu’il avoit pitié de son Age, quel’interêt seul de la Religion l’avoit engagé h prendre les armes, & que soirdessein étant de terminer cette dispute en rase campagne, il accepteroit volon-tiers le défi, pourvu que leur combat se sit en présence des deux armées ran-gées en bataille (1). Podiebrad se sentant inférieur à tous égards au Roi deHongrie, ne voulut ni se compromettre, ni exposer ses troupes à une défaiteassurée, il rompit la conférence, & Mathias revint sous les murs de Iíradisch.
Cependant le Légat du Pape s’étoit donné tant de soins, que le Roi de Hon-grie fut unanimément proclamé h Prague Souverain de Bohême. A cette nou- Cenfiïi po*■velle Frideric qui haïsiòit encore plus le Catholique Mathias, qu’il ne hais- Btigue desoit Podiebrad ie Isulfite, se rapprocha de ce dernier,& lui écrivit que détestéde ses sujets & n’y ayant plus pour lui d’espérance de conserver le sceptre, le j ra /&parti le plus sage qu’il avoit à prendre, étoit de se choisir lui-même un succès- fuit.seur & d’envoyer offrir la couronne qui lui échappoit h Casimir,Roi de Po-logne, seul capable de le venger de l’usurpateur Mathias, «Sc de lui conserver,,si non la puissance Royale du mois le tître & les honneurs de son rang..
En tout autre tems le Roi de Bohême se seroit défié du conseil de l’Empe-reur, mais abattu par ses revers, & croyant cet avis très - désintéresse, il lesuivit, assembla les Etats de Bohême, déclara que la foiblelse de son âge nelui permettant plus de supporter le poids d’une couronne, il avoit formé,pour le bonheur de ses sujets, le projet de se sacrifier lui-même & de se don-ner un successeur qui par ses taîens supérieurs & son activité, mît les Bohémiensà l’abri des incursions & de la tyrannie des Hongrois. Quoicae les Etats
(1) Czechor,. Lib. < 5 . Sonfin, Rtrum Hangar. Decad. »,