Sbct.X.Hili. d’Al-lemagne,
#4.40-1519.
de Casimiresl recemuRn de fto-ídmt.
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•544 HISTOIRE DE L’EMPIRE
eux-mêmes eussent élu Machias, comme ils n’avoient fait ce choix qu’auxvives sollicitations du Pape & de son Légat, & qu’au fond ils n’aimaílèntpoint les Hongrois, qui leur infpiroient plus de jalousie que de confiance, ilsapplaudirent à la proposition de Podiebrad qui fe donna pour successeur Casi-mir, Roi de Pologne. C’étoit fur Casimir que les Bohémiens avoient jeté lesyeux avant que d’offrir la couronne à Mathias, enforte que regardant Le choixfait par leur Souverain comme une inspiration du Ciel, ils l’approuverentavec acclamations, & envoyerent des Députés au Roi de Pologne pour luiannoncer son élection. Casimir l’avoit déjà refusée cette couronne, & il n’é-toit pas plus disposé à l’accepter ; il répondit que si les Etats de Bohême vou-loient faire pour son fils Ladiflas ce qu’ils avoient fait pour lui-même & l’ac-cepter pour Souverain, il soutiendrait ses droits de toute fa puiflance, maisque quant à lui, content de faire le bonheur des Polonois il n’ambitionnoitnidignités, ni trônes. Ladiflas étoit un jeune Prince qui formé par le sage Ca-simir, donnoit de grandes espérances ; les Bohémiens consentirent à cette pro-position, & Ladiflas réunissant tous les suffrages fut élu Roi de Bohême (1).Ce n’étoit point par intérêt pour Podiebrad, ni par attachement pour les Bo-hémiens, mais par intérêt pour lui-mêine & par la crainte que lui donnoitl’ambition de Mathias, que Frideric avoir conseillé le choix de Casimir ; eneffet, l’Empereur ne doutoit pas que le Roi de Hongrie, s’il parvenoit autrône de Bohême ne tentât de s’emparer du Duchés d’Autriche, & cetteçrainte étoit d’autant plus fondée, que Mathias avoir déjà fait part de ses dis-positions à cet égard aux Catholiques de Boheme, ■& qu’il leur avoir dit quele mécontentement général que l’on avoir pour l’Empereur étoit une occasiondont il profiterait pour envahir l’Autriche & la réunir à la couronne de Bohê-me aussitôt qu’il fe ferait affermi fur ce trône. Frideric avoir donc le plus£rand intérêt à mettre Mathias hors d’état de remplir ce projet qu’il étoittrès-capable d'exécuter, & la modération de Casimir ni l’inexpárience de La-diflas son fils n’inspiroient pas les mêmes craintes à l’Empereur, très - indifférentque tout autre Prince, à l’exception de Mathias,occupât le trône de Bohême,Frideric animé par les représentations du Pape, songea sérieusement à pa-cifier les troubles, pour tirer des Princes .& des villes du secours contre lesTurcs. Dans une diete convoquée à Milbenstadt, il parla avec tantd’éloquence, que les Electeurs, les autres Princes & les députés desvilles, convinrent d’ériger un tribunal composé de vingt-quatre aflèilèurs,qui connoitroient des différons des Princes & des villes, qui les acco-moderoient, veilleraient à la punition des brigands, réprimeraient les violences& rétabliraient la sûreté. Mais rien de tout çela ne fut éxecuté. Quel-ques Etats sentant la nécefíìté de la paix, firent des traités entr’eux, & s’entre-mirent pour faire cesser les guerres étrangères. La plupart ns voulurent con-clure que dqs trêves, parce qu’ils voyoient l’impoííìbiíité d’une paix durable.Tandis que ìe Duc de Bourgogne épuisoit ses vengeances contre les Liégeois,Frideric III accoraplissoit tranquillement le vœu qu’il avoir fait d’aller à Ro-me. Le Pape envoya au devant de lui, & comme il fit son entrée dans lanuit la veille de Noël, on le conduisit à l’Eglise, on le plaça sur un siégé
entre
(a) Papeius. Ep. 313. Boafin> loco ci.aîo, Çrorner, Lìb. 27,