D’ALLEMAGNE. Liv. XXV. Sec t. X.
toìc à porter les choses à l'extrémité, quand la mort moissonna Philippe Ar-chiduc d'Autriche. Cet évenement suspendit cette querelle. Car quelque rai-son de mécontement que Louis eut donné à Philippe, celui-ci néanmoins dé-clara avant que de mourir le Roi de France tuteur de Charles d’Autriche,Ducde Luxembourg son fils. Louis XII, contre lavis du plus grand nombre &par les sages conseils du Cardinal d’Ámboise, se chargea de cette tutelle quel-que onéreuse qu’elle pût être pour lui. Ce traie de politique étoit d’autantplus adroit qu’en cas d’une guerre contre l'Empire, les Pais-bas dévoient né-cessairement être le premier théâtre des hostilités, au lieu que ces provinces ap-partenant auPupille du Roi de France, elles seroient nécessairement respectées& les Etats de Louis XII couverts de ce côté (i). La maladie de Ladislas,Roi de Hongrie, que Maximilien venoit d’apprendre, le fit songer à faire va-loir les prétendons qu’il avoir fur ce Royaume; il savoir que les Grands di-soient qu’ils ne se croyoíent pas obligés à l’éxécution du dernier traité & sur-tout de celui de Breda, par lequel le Roi Ladiílas & les Etats de Hongrieavoient promis qu’au cas que Ladistas décédât fans enfans mâles, le Royaumede Hongrie & ses dépendances viendraient à Maximilien & à ses descendansen ligne directe, parce que disoient ils, on les avoir forcé à consentir, lesarmes à la main. Dans cette circonstance, Maximilien qui avoit projetéd'aller se faire couronner à Rome, n'osa pas éloigner ses troupes de l’Allema-gne: aiant appris cependant que la santé du Roi de Hongrie se rétabliíîoit, ilvoulut reprendre son projet d’aller en Italie ; mais n’ayanc pas de quoi payerses soldats, il en fût abandonné.
Le Roi de France, ne croyant plus avoir rien à craindre de la part des Im-périaux , résolut d’humilier & soumettre les Génois, qui turbulens & foiblesvenoient de se révolter contre lui; il se mit à la tête d’une armée de 50000hommes & prit la route d’Italie. Le Pape Jules II, qui avoit succédé à A-lexandre VI,ne pouvant se persuader que pour faire rentrer quelques rebellesdans le devoir, k Roi de France eut mis fur pied une auíîì formidable armée,s’imagina que le véritable but de cette expédition étoit la conquête de l’EtatEcclésiastique, ensorte que dans la terreur qui l’agitoit, il se hâta d’écrire hMaximilien & de l’assurer que le deiàèin de Louis XII étoit de se faire pro-clamer Empereur en Italie, & que ce projet ambitieux lui étoit inspiré par leCardinal d’Àmboise qui vouloir en même teins s’emparer du suprême Ponti-ficat. Les craintes de JulesII firent une forte impression fur les Vénitiens, quiréikmunt d’avoir pour leur ennemi un Monarque aussi puissant que le Roi deFrance, résolurent de s’oppofer h toutes ses entreprises & promirent de se dé-clarer contre lui aussitôt qtsii adroit passé les Alpes. L’Etnpereur moins timi-de, mais tout aussi crédule que le Pape Jules, & qui à la vérité avoit d’aílèzfortes raisons de se défier des projets du Roi de France, ordonna à les trou-pes de se rassembler & se disposa à s’opposer de toute sa puissance aux progrès ’des François en Italie; mais pendant qu’il s’épuisoic en préparatifs de guer-re, Louis XII s’emparoit de Gênes, ‘essrayoic les rebelles, & pendantqu’ils s’attendoient à des supplices, content de les avoir humiliés, le géné-
(0 Mezerai Hist, de Francs en l’année 1526. Hist. de Hainault. L. 14. & notreáit Tome XXXI.
Zz 2
Hist. d’Al-lemagne,
<o-i 519.
Mon dePhilippeArchiducd'Autriche,ses dijpostions em-pêchentl'Empereurde faire leguerre à laFrance:
Emha'rmde t’Empe.reur.
Expéditiond; Gênes :Erreurs duPape y iel’Empereur.
1507 1508
Soumifimdes Génois ,Clémence deLmis XII.