Sect. X.fíijì. d’Al-ïemagne,
1440-1519-
Rupture en-tre LouisXII , 6?l'Empereur.
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352 HISTOIRE DE L’E M P I R E
ces & les Grands entrcrer.t avec chaleur dans les sentimens de JVTaximilïen-’& délibérèrent de soutenir de troupes & d’argent les Espagnols contre taFrance, dans la guerre qui divisoit alors les deux nations. Louis XII craignantde & faire de nouveaux ennemis, résolut d’appaisei' TEmpereur & fut habile-ment secondé par le Cardinal d’Amboife ; il se rendit à Blois cù étoient arri-vés les Ministres df Maximilien: ils demanderont hautement l’éxécudon des 1clauses du traité conclu Tannée précédente, ils éxigerent que la PrincesseClaude promise au Duc de Luxembourg, fût déclarée par le Roi héritière cluDuché de Milan, & que si le Duc dè Luxembourg venoit à mourir avantque de savoir épousée, elle fut mariée aux mêmes conditions avq.c le Duc Fer-dinand, fils puisné de TArchiduc Philippe. Par ces nouvelles demandes ainsique par le ton de hauteur avec lequel on les faisoit, il étoit évident que lesMinistres de Maximilien ne cherchoient que des prétextes de rupture & deguerre: ils n’y parvinrent pas; le Cardinal d’Amboise souscrivit à tout, pro-mit tout au nom de son maître, convint même que si cette union entre laPrincesse Claude & le Duc de Luxembourg venoit à manquer, par la fautedu Roi de France, le Duc de Luxembourg prendroit en dédommagement pos-session du Duché de Milan, & que si c’étoit par la faute de TArchiduc Philippeou bien de TEmpereur, le Duc de Luxembourg se désisteroit de toutes sesprétentions fur le Milanez ( 1 ). Ce traité, par lequel le Cardinal d’Amboisepromettoit beaucoup plus que son maître n’avoit dessein de tenir,adoucit Ma-ximilien, mais il fut hautement désapprouvé par les François, ainsi que l’avoitprévu le politique d’Amboise. Les Etats assemblés protestèrent contre le traité& délibérèrent de présenter une requête à Louis XII pour le prier de donneren mariage Claude fa fille au Comte d’Angoulême, héritier présomptif de la cou-ronne. Ces remontrances eurent lieu St furent accueillies par Louis XII & sonconseil. Le Ros de France ne balança point h satisfaire ses sujets, il rompitle mariage de fa fille avec le fils de TArchiduc Philippe, & Punit avec Fran-çois, Comte d’Angoulême au grand contentement des Etats encore assemblés,devant qui ce mariage fut célébré. (2)
II paroi t qu’en dilpofant ainsi de fa fille, Louis XII renonçoit au Duché deMilan, qui en vertu des clauses du dernier traité passoit au pouvoir du Duc deLuxembourg. Le Roi de France n’eut garde cependant de faire cette renon-ciation, aussi Maximilien tant de fois trompé par les Ministres de la cour deFrance en fut vivement ulcéré; mais dissimulant encore cette offense qu’il nepouvoit cependant ignorer, il écrivit au Roi de France une lettre fort modé-rée , dans laquelle il le prioit de remplir ses engagemens & de ne pas violerla foi qu’il avoit jurée: il eut été bien difficile à Louis XII d’exécuter des promes-ses qu’il venoit d’annuller, il répondit & tacha vainement de «'excuser fur tanécessité qui ne lui avoit pas permis de rejeter les vœux de ses sujets. L’Em-pereur vivement irrité regarde cette justification comme une nouvelle injure &déclara la guerre h Louis XII; mais le chef de TEmpire ignoroit que leRoi de France avoit prévu cet éclat & qu’il s’étoit ligué avec le Roi deHongrie, qui s’étoit engagé à donner tant d’occupation à Maximilien quecelui- ci ne pût rien tenter contre la France: de part 2 c d’autre on se prépa-
(1) Vie du Card. d’Amb. L. 4. Hist. du Hainault. L. 14. (2) V. notre Tocs.
1E p.?. • ‘