D’A L E M A G N E. Liv. XXV. Sect, X.
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Hist. d’Aï-
leniagne,
1440-1519,
Trivecon*tenuerompue.1509-izâ
gage de la ville de Trieste, bien forrifiée & défendue par une si nombreusegarnison, qu’elle eut vraisemblablement été l’écueil des forces de la Répu-blique ï ainsi désespérant du succès , les Vénitiens écoutèrent les propo-sitions d’accommodement que les Ministres de Maximilîen leur firent. LesAmbassadeurs des deux Puissances entrèrent en négociation, tnaisj commedes deux côtés on ne voulut rien céder, on renonça de part & d’autre àterminer ces contestations par'un traité de paix, & l’on se contenta de con-clure une trêve qui même fut rompue presque aussitôt que convenue (i). Ce-lui qui le premier fit des hostilités au préjudice de la trêve fut Maximilîen*
& le motif qui le porta à violer ses engagemens fut l’aft'ront qu’il prétendit a-voir reçu de la part des Vénitiens, qui décernèrent à leur Général Alvianeles honneurs du triomphe. Ce Général avoir accablé les Impériaux ; ii les-avoít forcé à demander la paix, & Maximilîen se persuadant que la Républi-que avoit voulu insulter à sa dignité de chef de l’Empire,& que s’il ne feven-geoit avec éclat, il resteroit couvert de honte,prit la résolution de périr oude se faire justice de cette prétendue injure. Les Vénitiens en accordant leshonneurs les plus distingués au brave Alviane, n’avoient voulu que lui témoi-gner leur reconnoissance, & ils n’avoient point du - tout songé que ces hon-neurs blesseroientl’amour propre de Maximilîen. Celui-ci fut d’autant plus em-pressé à courir à la vengeance, que les circonstances lui parurent très-favora-bles; car le Roi Louis XII, se plaignoit amerement des procédés de la Ré-publique, qui avant de conclure la trêve, ne l’avoit pas consirité. Instruitdu ressentiment du Monarque François, l’Empereur saisie habilement cetteoccasion de proposer au Roi de se liguer avec lui contre les Vénitiens. Ce pro-jet de confédération fut accepté, le Pape Jules, ainsi que le Roi d’Arragon, mé-connus aussi & jaloux de la puiíîânce Vénitienne, accédèrent à cette ligue ,
& convinrent entre eux des secours en argent & en hommes que chacun desconfédérés fourniroit pour leur cause commune. Comme les suites de certeguerre nous meneroient trop loin, & que nous en avons parlé dans un autreendroit, nos Lecteurs voudront bien prendre la peine d’y recourir (2).
Le Pape Jules II & le Roi d’Arragon rentrés en possession des placesqu’ils avoient réclamées, se détachèrent de la ligue. Offensés de cette défec-tion qu’ils n’avoient par prévue, Louis XII & Maximilîen se lierent encoreplus étroitement, le premier de très-bonne foi, l’Empereur dans le dessein deprofiter des secours & de la supériorité du Roi de France, comme le prouvesa lenteur à remplir ses engagemens. La République de Venise, du con-sentement de Jules II, profita avec habileté de l’indolence de Maximilîen *
& mettant tout h coup une forte armée fur pied, elle l’envoya dans le Frioulqui ne fit aucune résistance, & passa sous la domination des Vénitiens. A lanouvelle de cette invasion, Maximilien jura de se venger avec éclat du Pape& de la République. Dans cette vue, soutenu par Louis XII, son allié, il l'Empereurforma le projet de convoquer un Concile, dans lequel il prétendoit faire pro- f ai,ecéder à la déposition du Souverain Pontife (3). Jules II n’écoit pas plus
II. J
(t) B'emb. Hist. Venit. Daniel Hist. dé France fous fetïe époque; fï)7í. ibídi éc V.notre Hist. de Venise L. XXIV. Ch. II. Sect. VII. Tom. XXXILI. pag. 304 & là,
(z) Cuspiu. Mariana, Hist, de Esp. L. 29.
Conféderg.lion contre:Venise.j
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