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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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Bect. X.Nifl. d’Al-lemagne ,1440-1519.

Projets se-crets deLeuis XIIif de i' Em-pereur,

Ctnfeils ar.tificieux duRoi d’Ejja-

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$4>6 HISTOIRE DE L’E M V I R E

aimé du Roi de France, qu’il l’étoit de Maximilien & les deux Monarquesdans la pressante nécessité de reformer les abus qui s’étoient introduits dansl’Eglise, demandèrent hautement la convocation dun Concile, & envoyerentdes ambasiàdeurs au Roi d’Efpagne, auquel ils s’efforcerent de démontrerl'extrême facilité qu ils auroient, s’ils étoient bien unis, d’obliger Jules d'ab-diquer la Papauté, de l’aveu même de toutes les Puissances de la chrétienté,qui formoient les mêmes désirs. Ferdinand ne fe.laissa point éblouir par cegrand projet, il répondit eux ambassadeurs des deux Rois, que le Concilequ’ils demandoient avec tant d’instance, ne feroit vraisemblablement point ap-prouvé par la Hongrie, la Bohême, l’Ecosse,l’Angleterre & leDannemarck,& qu’il ne croyoit pas même que l’Allemagne souffrit tranquillement, q u'onprocédât à la déposition de Jules, dont le corps Germanique n’avoit pas à seplaindre; que quant à lui il n’entreroit pour rien dans un pareil projet, quilui paroissoit plus propre à occasionner un Schisme, qu’à donner la paix àl’Eglise qui n’écoit actuellement agitée par aucun trouble.

L’Empereur, & Louis XII, très-mécontens de cette réponse, ne furentque plus obstinés à la poursuite de leur brillante & vive entreprise. Ils con-clurent un traité secret, convinrent de faire, les plus grands efforts pour lesuccès de leur projet, de réunir leurs forces qui feroient commandées parLouis XII, la î re Campagne; par le Chefde l’Empire, dans la seconde an-née, & ainsi alternativement jufqu’à la fin de la guerre. Ces deux Monar-ques regardant même les succès dont ils fe flactoient comme infaillibles, s’é-toient déjà partagés la plus grande partie des Etats d’Italie; il étoit convenuentr’eux , que l’Empereur garderait pour lui la ville de Rome avec toutl’Etat ecclésiastique, la ville de Venise & tout le pays soumis à la dominationde cette République, le Roi de France s’étoit réservé les Duchés de Milan& de Ferrare, de Mantoue, de Florence & les Etats de Gênes ( 1 ).

Quelque secret que fut ce traité, Ferdinand, Roi d’Efpagne en fut instruit,.& dans la vue de semer la mésintelligence enne Jss deux alliés, il envoya re-présenter à Maximilien, qu’il travailloit fans - doute contre son attente à ac-croître la puiffance d’un Monarque ambitieux, qui tôt ou tard, envahiraiten Italie les conquêtes que le Chef de l’Empire acquerrait seul, & qu’il neconcevoir pas comment le sage Maximilien, avoir pû fe conduite en cette oc-casion avec tant d’imprudence & devenoit lui-même l’instrument de 1 éléva-tion d’un rival, dont-il avoir connu si fréquemment l'insatiable ambition,& cela dans des circonstances qui lui offraient le moyen le plus simplede rétablir la gloire de l’Empire & de faire recouvrer au corps Germanique,fans hostilités & fans contradictions, tout ce qu’il avoir jadis possédé en Ita-lie, que ce moyen étoit de convoquer dans une ville d’Icalie, si l’on vouloirh Mantoue, une assemblée générale dans laquelle on s’occuperoit d’arrangerles intérêts respectifs de tous les Princes qui avoient des prétentions fur lesdivers états de l’Italie. "Quant à moi, ajourait l’adroit Ferdinand j’enverraimes ambassadeurs à cette assemblée, & je souscris d'avance à fes décisions.”Je ne doute pas qu’à mon exemple, Louis XII ne s’empreíîè d’y envoyerfes Ministres. "Le désir de conserver ia Thiare & la crainte d’être déposé,

(r) RaynalJ àc snn.‘ 1510. N°. 24.