Sect. XI.Bifl. d’Al-lemagne ,
-519-1558-
U le refuse£? désigneCharles,
DêJhtèreJ.Jement île
l’Elefteurde
■Sare..
37 8 HISTOIRE DE L’EMPIRE
discours, en désignant Charles V à fa place (1). II leur représenta ce Prin-ce , comme rempli des plus belles qualités, jeune, vigoureux, porté naturel-lement aux grandes actions, généreux, magnifique. connoissant bien le mé-tier de la guerre, capable de soutenir tous les droits de l’Empire, jalouxd’acquerir de la gloire, en un mot digne petit-fils de Maximilien, qui n’a-voit rien négligé pour son éducation. D’un autre côté Frideric fit entendre-que quoiqu’on ne put pas dissimuler que le Roi de France n’eut du mérite &de la valeur, étant cependant élevé en France, il ne devoir avoir aucuneconnoissance ni de la langue ni des mœurs Allemandes ; que le caractèreFrançois étant totalement opposé au caractère Allemand, on devoir se méfierd’un Prince né dans un pays où la monarchie est absolue, & qu’il pourroitbien un jour réduire les Etats & les Princes d’Allemagne au même état ou.font aujourd’hui les Ducs & les Pairs en France. Malgré ces représentations,on continua les plus vives instances auprès de Frideric, & voyant qu’il persil-toit dans son refus, on le pria de choisir celui qu’il croyoit en conscience leplus propre h supporter le poids de la couronne Impériale, & on promit des’en rapporter h son choix. Sur quoi après s’être excusé de nouveau , sevoyant pressé plus fortement, il protesta fur son honneur & fur fa con-science qu’il ne connoissoit personne plus digne de l’Empire que Charles V.
Cependant le Roi de France trouva aussi un puiíîànt défenseur dans Ri-chard, Electeur de Trêves. Cet Archevêque réfuta en détail les imputationsfaites à François, & le justifia fur tous les points. II représenta avec forceau College Electoral, que si l’on donnoitla préférence au Roi d’Espagne surcelui de France, on exposeroit l’Italie aux plus grands troubles, & que Char-,les en voulant recouvrer le Milanez, ce qu’il ne manqueroit pas d'enmépren-dre , exposeroit les plus belles provinces de l’Empire à tous les fléaux de laguerre, tandis que les Turcs réuniroient toutes leurs forces pour fondre fur laHongrie; mais toutes ces belles raisons ne firent que glifièr fur des espritsprévenus. Le Prélat Electeur finit par laifièr par écrit ses protestations con-tre tout ce qui se feroit en faveur de l’Archiduc d’Autriche (2). Le Duc deSaxe au contraire ayant fàit enrégisirer le même jour son suffrage en fa-veur de Charles, partit le lendemain après avoir refusé un présent de trentemille florins d’or (3) que l’AmbaíIàdeur d’Espagne lui avoit fait porter. Unpareil défintéreflèment parut surprenant à toute l’Allemagne (4). Cepen-dant les autres Electeurs s’aílèmblerent pour consommer sélection de Char-les; mais avant d’aller plus loin ils crurent nécessaire, autant pour servir derempart à la liberté Germanique, que pour servir de base au Gouvernement,de l’Empire, de dresser un corps d’Articles dont le Prince jureroit Tobserva-tion avant son couronnement (5). Ce n’étoit pas ainsi qu’on en avoit agi-
(1) Sleidan. in Comment, de statu Relig. & Reipub,. (2) Sabin. Hist. EUS. Sleidan»
D. 22.
(z) Le Roi d'Espagne & ses Ministres n’avoient offert cette somme que comme une-gratification pour le moment, bien résolus de faire bien davantage dans la fuite. Suríe refus formel de l’Archidue, ils le prierent de permettre du moins qu’on distribuâtdix mille florins à (es domestiques; il répondit que s’il apprenois que quelqu’un d’euxeut reçu seulement un Schelin , il le chafferoit fur l’heure.
(4) Eras. in Epist, Langh Chren. (5) Struvius, péiiod. i'o. Annales du Gouverne*ment Germanique.