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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. XI. 377

Les Electeurs s’aslèmblerent quelque teras après à Francfort, pour com- jjist. d’AI-mencer la diete : Les deux Princes concurrens envoyerent, chacun de leur semagne,côté, des Ambaílàdeurs afin de soutenir leurs prétentions. Le souverain Pon- Uis-izzS.tife (1) crut devoir y envoyer aussi un Nonce avec des instructions rélatives ~~ 7 i 7 ~ 7 uh la politique Pontificale. Le Roi d’Angleterre même (2), prévoyant bien desEkc- *que sélection souffriroit de grandes difficultés pour l’un où l’autre des com- teurs àpécheurs qui étoient fur les rangs, députa un Ambassadeur à la diete. II Francftn,efpéroit que dans le conflit des deux concurrences, il pourroit y avoir moyende réunir le plus grand nombre des voix. Mais la négociation étoit íì avancée& les partis si décidés, qu’il n’auroic eu que la honte de s’êcre compromis,s’il eut persisté plus longcems, malgré l’affistance de Léon X , qui n’écoicdisposé ni pour Charles ni pour François.

Les suffrages demeurèrent quelque tems indécis entre ces deux Monarques;le Comte Palatin & FEkcteur de Trêves se tinrent d'abord fermes pour leRoi de France; d’un autre côté l’Archevêque de Mayence & l’Electeur deBrandebourg ne vouloient point abandonner le parti de l’Archiduc, deforteque si l’ennui des pourparlers inutiles, & de rester à Francfort fans rien con-clure ne les eut déterminés à se réunir , sélection auroit encore été retar-dée. (z) P S résolurent donc, pour mettre les deux compétiteurs d’accord, Letrfne finide ne nommer ni l’un ni l’autre, comme étant étrangers, & d’offrir la cou- P érialronne Impériale à Frideric, Electeur de Saxe, Prince de leur nation & fur-nommé le sage, à cause de son rare mérite; mais fa modestie & son peu Saxe.d’ambition lui firent refuser une dignité , dont il redoutoit les dangers.

Après avoir demandé deux jours pour se consulter, il s’excusa dans un long

(1) Le Pape Léon X, également célébré par scstalens politiques &par son goût pourles arts, fut le seul Prince de ce íiecle, qui observa les mouvemens des deux conten.dans avec une attention vraiment éclairée. L’autorité des Papes & la Juridiction Impé-riale étoient á portée de se croiser en tant d’occasions ; les plaintes réciproques d’usur-pation étoient si multipliées; la fureté des domains de l’Eglise dépendoit si fort de laïoiblesse de ses voisins, & si peu de ses propres forces, qu’il ta’y avoit rien de plusredoutable pour la cour de Rome qu’un Empereur, qui joindroit à une grande puis.sauce un génie entreprenant. Un Roi d’Espagne & de Naples, maître du nouveaumonde, lui paroissoit auflì dangereux & allarmant fur le trône de l’Empire qu’un Roide France, Duc de Milan, Seigneur de Gênes. II falloit autant de prudence que d’a-dreíTe pour traverser deux rivaux si puissans fans rien risquer. Léon employa l’un Scl’autre; mais il vit échouer toutes ses mesures par le peu d’intélligence de ses agens:

Malgré toutes les ruses de fa politique, il laissa entrevoir quelque partialité pour í’Em-pereur, en lui accordant une dispense de posséder l’Empire & le Royaume de Naples,quoique cela fut contraire aux conditions fous lesquelles il avoit donné l’investiture dece Royaume. II est vrai que Charles avoit fait tout ce qui dépendoit de lui pour legagner, tant par fa docilité à sc faire absoudre de son serment & des censures qu’ilavoit encourues en épousant les deux cousines, qu’en renouvelant fa promesse de payerchaque année, sept mille ducats de redevance au Saint Siégé, d entretenir deux galèrespour la défense des côtes de l'Etat Ecclésiastique, & de rendre tous les malfaiteurssujets de cet Etat qui se réfugieroient dans les Etats Napolitains.

(2) Henri VU t avoit autant d’intérêt & plus de moyens pour empêcher les deux con-tendans d’acquerir une nouvelle dignité, qui les élèverait si fort au dessus des autresmonarques; il sentit fa vanité vivement blessée de fe voir exclus de cette glorieuse lice,il s’y présenta ; mais on s’excusa fur ce qu’il avoit annoncé sa prétention trop tard : ilparut satisfait de cette raison, & content d’avoirfait le fastueux étalage de son importan-ce, il ne parut plus dès lors prendre aucune part à cette grande querelle ni pour ni contre.

(3) Thuan. Libr. 2. fiist. Belle forest. Liv. 9. Sabin, in FJist, LUc.

Tome XL. Bbb