Sect. XI.Htsl. d Al-lemagne ,ISI9-ISS8.
M^ontentc-ment desEspagnols.
Le Clergéd'Efpagnerefuse depayer lesdéclines.
380 HISTOIRE DE L’E M P I R E
leurs suffrages; il n’y eut que Louis, Comte Palatin & F Archevêque de Trêves*,qui imaginèrent de faire quelque représentation en faveur de François I;mais il n’étoit plus te ms, FElection de Charles étoit résolue; on les intimidafi fort (O qu’ils furent contraints de fe taire. L’Archevêque de Mayenceconvoquant la diete folemnelletnent k Francfort , le Roi d’Espagne y futproclamé Empereur, selon les formes accoutumées, fous le titre de Char-les V du nom; il est aisé de concevoir la joye que ressentit ce Prince, enapprenant une nouvelle qui flattoit si agréablement son ambition. Ce futdans ce moment qu’il conçut ces vastes projets qui séduisirent son imagina-tion & qui étonnèrent toute l’Europe. Le Comte Palatin, un des Elec-teurs fut député bientôt après, pour porter au nouvel Empereur, le decretde son élection, approuvé de la nobiesiè & du peuple ; mais comme il eutles vents contraires, il ne put arriver en Arragon qu’au mois de Novembre..Charles étoit alors k Saragoslè. II y reçut le député de la diete avec tous leshonneurs dûs k fa qualité, FElecteur finit son compliment en le suppliant defe rendre en Allemagne le plutôt qu’il pourroit, sous prétexte que les af-faires de FEmpire demandoîent fa présence.
Mais Charles avoir bien d’autres mesures k garder. Son élévation k FEm-pire n’avoit pas été fort agréable k fes anciens sujets, les Espagnols ; ilsentrevoyoient avec raison que cette nouvelle dignité les priveroit bien-tôt de ta présence de leur Souverain , pour les livrer au Gouvernementd’un Vice-Roi & de son Conseil; ils prévoyoient que leurs trésors seroientprodigués pour soutenir l’éclat d’un trône étranger, & que leur sang mê-me couîeroit pour des querelles étrangères. Us auroient bien voulu renou-veller Fexemple de leurs ancêtres, qui s’oppoferent hardiment k ce qu’Al-fonfe le Sage allât prendre poste filon du trône Impérial ; (2) mais Charles ,fans aucun égard au murmure de fes sujets, déclara hautement qu’il étoit dé-cidé k pafièr en Allemagne pour s’y faire couronner. Cette résolutionrépandit une sombre inquiétude dans la nation ; son mécontentement éclatadans le refus que fit le clergé de payer le dixieme du revenu de tous lesbénéfices ecclésiastique de la Castille, que le Pape avoit accordé au Roi. Leprétexte de ce refus étoit fondé, fur ce que cette efpece de tribut ne de-voir avoir lieu que dans le tems où la Chrétienté íèroit réellement attaquéepar les infidèles. Le Souverain Pontife eut beau mettre le Royaume eninterdit, on eut peu d’égard k cette censure, dont Charles lui-même fe hâtade demander la révocation. (3)
Lorsque ce Prince s’étok rendu en Espagne, il avoit ausiì trouvé de gran-
(1) On assure que le Comte Palatin avoir reçu beaucoup d'argent de la Cour deFrance. Voy. Mém. de Fleuravge. On lui fit craindre que les troupes de la ligue deSuabe , qrn avoient pourchassé le Duc de Wirttmberg , se jeteroient sur le Palatinat;s’il refusoit son suffrage à Charles V. D’autrts disent mal à - propos que ce fui làune des raisons qui porterent Friderie le sage à refuser la couronne impériale, & à sedéclarer pour Charles. Confrontez Rabertj'on . Hist. U Eet-k Vie de Charles V.
(2) Dans une assemblée des Etats de Castille, il fut défendu à Alphonse le sage,de sor-tir du Royaume pour aller se faire couronner Empereur d'Allemagne ; & suivant lesformes des constitutions Germaniques, ['Empereur ne pouvoir exercer aucun acte deJurisdiction & d’autorité avant d’avoir été couronné publiquement. Voy. Sabinus.
(3J P, Mart. Ferreras, & noue Hist. d’Esp. Sect.XIV. Toib. XXIX. pag. 7. b/à