D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Se ct. XI. Zgr
des difficultés dans le caractère des Castillans & des Arragonois, jaloux à l'ex- Rì ncèsde leurs privilèges; ils voyoient avec peine que les Conseillers Flamans emagne,’& Allemans, attachés au service de l’Empereur, ne cherchoient qu’à leur rsis-izzz.porter quelqu’atteinte; ils craignoient qu'on ne fit revivre certaines préten- -
dons que les Allemans a voient fait valoir autrefois fur les Provinces d’Efpa-gne, en soutenant que ce Royaume, ayant dépendu de l'ancien Empire Ro-main, devoir relever de celui d’Allemagne, qui avoir succédé aux droits deRome; mais Charles ne tarda pas à dissiper ces soupçons, il fit publier uneloi par laquelle il déclara que i’Efpagne étoit absolument indépendante &entierement séparée de l’Etnpire ; ce Prince auroit fait encore de plus grands L’Empennrsacrifices pour pouvoir pacifier toutes choses, pendant le voyage qu’il alloic à
entreprendre & qui lui étoit si nécessaire pour affermir fa puiflànce. (i) DomAntonio d'Acugna , Evêque de Zamora, Juan de Padille & Juan de Bravo 1s’efforçoient d’accréditer les bruits qui s’étoient répandus au sujet du départ del'Empereur, qui ne devoir plus, difoit-on, retourner en Espagne, & quidevoir faire de son Royaume une province dépendante de l’Empire, fous legouvernement d’un Vice - Roi. Charles que ces faux bruits inquiétoient, con-voqua l’aslèmb'ée des Etats de Castille & d’Arragon, déclara qu’il avoir nom-mé pour Gouverneur en son absence le Cardinal Adrien, & un conseil com-posé des Seigneurs qu’il désigna, tous Espagnols , Castillans ou Arragonois.
II témoigna les plus grands regrets de la nécessité où il étoit de s’abfenter, ytssmliemais il laissa aux Etats à juger eux-mêmes, s’il pouvoit s’en dispenser dans l Á S n E !J S ^les circonstances où il fe mouvoir. II fit sentir la conséquence dont-il étoit ^pour lui de partir au plurôt. II représenta qu’outre l’Efpagne, il avoir pos-sédé jusques alors plusieurs Etats; & que quoique fes sujets d’Allemagne, d’I-talie & des Pays-Bas, lui fuíïènt très-chers, il ne leur avoir jamais marquéde préférence fur les Espagnols qu’il chériíïòit également; & qu'd l’égard del’Empire, quelque íhtré qu’il fut d’une dignité qui réhauíîòit encore l’éclacde la couronne d’Esoagne, ils n’auroient jamais h se plaindre d’aucun mé-contentement, fe regardant comme le pere de tous les Peuples qui lui écoientconfiés, fans distinction. Cependant il sentit bien que son départ ne pouvoitpas être aussi prompt qu’il l’auroit désiré, & que cette absence pourroit in-disposer les Allemands. Dans cette conjoncture il renvoya le Comte Palatin,qui lui avoir porté la nouvelle de son élection, avec une lettre, par laquelleil marquoit aux Electeurs toute fa reconnoissmce, leur protestant qu’il neprenoit les rênes du Gouvernement de l'Empire, que pour chercher lesoccasions de procurer au Corps Germanique & au Coilege Electoral la gloire& les avantages qui dépendroient de lui.
Charles ne songea plus qu’à faire préparc-r la flotte qui devoir le conduire Départiedans les Pays-Bas. II choisit quelques Seigneurs qui dévoient l’accompagner CInrtti Kdans ce voyage : mais il laiíîà en Castille ceux qu’il crut les plus dévoués à
(i) C’efí par ce motif qu’il ferma (es yeux fur ('esprit de révolte, qui excisa les Autri-chiens, mécontens des officiers qu’ou leur avoit donnés pour fes gouverner, & fur lesoulèvement des huit Juridictions dépendantes de ,a maison d’Autriche, dans le paysdes Grisons. Nous parlerons ailleurs de la guerre sanglante que fe firent alors l’Eiê-que de Hildesheiin & Eric deBrunswic , à raison des brigandages de Burcard de Saldena,que les Princes de la maison de Brtinswic, paroúToient soutenir contre l'Lvêqus.
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