D’A LLEMAGNE. Lrv. XXV. Sec t. XI. 383
îege Electoral. Avant de partir d’Aix-la-Chapelle, Charles V créa plmsieurs Hi n ,...Chevaliers& se fie recevoir Chanoine de cette ville. Le nouvel Empereur ayant leinajrneassemblé les Electeurs & les autres Princes d’AUemagne, leur déclara i5r9-^155V.
qu’ayant recueilli en qualité d’aîné, toutes les souverainetés accumulées dans-
fa maison depuis trente-ans, que même la succession de son grand-pere,
Maximilien, ne pouvant lui être contestée, & les Etats que ce Prince possé- /maUe 'hdoit en Allemagne lui étant dévolus, il vouloit céder tous ces états à*ì’Ar- l'Archiducehiduc son frere : ce qui fut approuvé & ratifié par un acte autentique. Alors $ on f rert -il songea au mariage (1) de ce Prince, avec Anne Elisabeth, sœur de Louis,
Roi de Hongrie & de Bohême; alliance qui le porta par la fuite fur le trône-de ces deux Royaumes réunis.
L'Empereur termina ses opérations par l’índicat ion d’une diete généraleh Worms pour le 6e Janvier 1521, il en fit expédier des lettres circulaires &rpria lui-même les Princes d’Allemagne de s’y trouver en personne, & de larendre aussi nombreuse, aussi solemnelle qu’il seroic possible. II íbngeok às’occuper sérieusement des troubles de Religion, & c’étoit le principal objetqu’il se proposoit de faire agiter dans la diete. Comme nous n’avons pas TnuU’s «vcru devoir couper le fil de notre narration, pour nous occuper des trou- Reli S iin jblés que cauferent en Allemagne les opinions nouvelles, nous allons en pré-fenter une légere efquiílè, avant que de nous arrêter à ce qui fe paíîi à la nìjme.diete de Worms. Depuis trois ans Luther dogmatisoit contre la Cour deRome, fans qu’il eut été possible de lui imposer silence. Ni menaces, ni 1promesses, ni intrigues n’avoient pu l’arréter. Ses progrès étoient très-rapi-des; une partie de l’Allemagne adoptoit fa doctrine.
Le Pape Léon X allarmé des conquêtes que faisoit cette doctrine', crut de-voir prendre des mesures pour en arrêter le cours. Luther s’étoit d'abordcontenté d’attaquer le trafic des indulgences , trafic vraiment scandaleux : ilattaqua ensuite les indulgences en elles-mêmes; puis le pouvoir que le Sou-verain Pontife s’étoit attribué de les accorder. II examina ensuite les fonde-mens de la puissance pontificale, & croyant qu’il n’y avoit rien dans les li-vres saints qui l’autorisât, il l’attaqua de front sans aucune espece de ménage-ment, ni pour la personne ni pour les droits du Souverain Pontife: une infi-nité de Princes & de villes suivoient déjà ses dogmes. Les maisons de Saxe,de Brandebourg, de Lunebourg, le Landgrave de Heflè, les Ducs de Wir-temberg & de Poméranie & beaucoup d’autres s’étoient déclarés pour lui.
Rome cherchoit à les regagner ; mais ses ministres opposaient l’autorité à l’a-drefiè & à l’éloquence de Luther ; d’ailleurs il se servoit avantageusement dela corruption du Clergé, dont il faisoit des peintures frappantes & malheu-reusement trop vrayes. Léon X dirigea toute fa politique à gagner l’Elec-teur de Saxe le plus ardent protecteur de Luther. II lui envoya la Rose d’or,que le Pape bénit tous les ans le quatrième dimanche du Carême, il euchargea son camerier avec des instructions relatives à son dessein. Cet ambas-sadeur devoit représenter à l’Electeur Frideric, „ combien il se nuiroit à lui-y , même en protégeant un moine hérétique qui par sa défection avoir perde»
(r) L’Empereur & les Princes Allemans donnèrent leur consentement à cette allian-ce t mais la cérémonie n'en fsjt faite que l’année suivante.