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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. XI. 389

aussi contribué par une conduite quelquefois peu chrétienne. Quoique Lu-ther parut avoir résolu de combattre toutes les vérités qui venoient d’Italie,il est probable que celle-ci eut son suffrage. Adrien accusoic la dicte d’unemollesse criminelle dans l’exécution des édits, mais les Princes assemblés ré-pondirent „ qu’une persécution trop ouverte pouvoit allumer une guerre„ civile, sans convertir les Hérétiques, que la cour de Rome & le Clergé„ dévoient commencer par réformer dans leur conduite les abus qui avoient„ été le prétexte, de la révolte, que le produit des annales exigé par les Pa-„ pes pour faire la guerre aux Turcs avoit été employé à d’autres usages,„ qu’il falloit le restituer à l’Empire, qu’après avoir imposé silence aux no-„ vateurs par ces réformes, on assembleroit un Concile cn Allemagne, qu’a-„ lors fes décisions feroient plus respectables, & qu’un bon exemple étoit la„ premiere leçon qu’il falloit donner aux hommes. ” On ajouta „ que la„ diete prendroit des mesures, pour arrêter rimpreíïïon de tous lc-s ouvrages„ composés par les Hérétiques, & qu’on Iaisseroit aux Evêques la puissance„ de punir suivant, les canons, les prêtres & les réiigieux qui s’étoient mariés.”

Le Nonce, qui avoit apporté le bref fut peu satisfait de cette réponse;on le fut encore moins de la sienne; & par une efpece de représailles, ondressa un long mémoire (i) lui renfermoit cent griefs, centum gravamina,fur lesquels on demandoit justice au Pape. Le plus grand de tous étoit l’a-bus des indulgences, qu’on vendoit, fous le prétexte de subvenir aux frais deh guerre, contre les infidelles, mais dont le produit n’étoit employé par leC'ergé de Rome qu’à fe mettre en effet par son luxe & ses débauches dansla nécessité de recourir à ces mêmes indulgences. On le récrioit encore con-tre î’avidité des prêtres Catholiques, qui inettoienc à trop haut prix , lesSacrements, & les tristes honneurs de la sépulture: on ajoutoit qu’ils vendoientaussi le droit d’avoir une concubine; on se plaignoit de ce que le Nonce& les Légats s’arrogeoient le pouvoir de légitimer les bâtards, & de donnerdes bénéfices, enfin, de ce que les moines héritoient de leurs parents, quine pouvoient hériter d’eux. La diete en même teins fit publier un decret (2)„ qui défendoit l’impreísion des livres hérétiques, (& qui contenoit une dií-„ position plus sage encore,) c'étoit une défense aux prédicateurs Catholi-

ques de parler des dogmes contestés par les Luthériens;on leur enjoignoic„ d enseigner purement i’Evangile.” Quoique ce règlement fut dicté parla prudence, il eut un effet tout contraire à celui qu’on en efpéroir. Les deuxpartis l’interpreterent chacun en leur faveur & n’en devinrent que plusacharnés l’un contre l’autre. Le Pape Adrien étoit de bonne-foi; il ne dis-simuloic pas, que les plaintes des Allemands étoient justes; mais il ajoutoit,que tantd’abus ne pouvoient être reformés à la fois, & qu’il falloit aller pasà pas. Les ennemis de ia cour de Rome crurent reconnoître dans fa lenteurpolitique, in dessein formé d’éluder la satisfaction qu’on exigeoit d’elle, &dirent qu elle iroit si bien pas à pas , qu entre un pas & l'autre, elle met-trait l ejpace d'un fiecle.

Fr-‘-cois! venoir de perdre & le Milanez & le Connétable de Bourbonqui !'avoit trahi; perte peut-être plus grande encore. La guerre duroic tou-

(1) Cochlceus de rîti. Luth, (2) Sleidan L. 4.

Ccc 3

Hifl. d’Al.leangne.IZlS 1558.

Mésintelli-gence de lacour de Ro-me & de ladû te deNurem-berg.

1523.