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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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HISTOIRE DE L’EMPIRE

Sect. Xl.fíi.t. d’AI.lemagne,az'v 155S.

K t'vtlte deSkkingen.

Etat déplo-rable de i’E-lefìarat de

Trêves.

jours; le Pape demandoic, qu’on fit une trêve, afin de s’occuper h loisir desaffaires de l’Èglise. Las de descendre à des prières, il prit le ton de l’auto-rité, & ordonna aux Puissances belligérantes de mettre bas les armes, fouspeine d’interdit & d’excommunication. On n’en tint compte: François 1, sur-tout que l’étude des sciences avoir éclairé, brava les foudres du Vatican ; &ce même Pontife, qui condamnoit cette guerre, comme un péché, se liguaavec l’Empereur & les Etats d’Icalie , contre la France. ( 1 ) Mais il ne vitni les opérations, ni le succès de cette guerre. Jules de M 'dids lui suc-céda sou s le nom de Clément Vil. Celui ci n'eu t ni la modestie ni la can-deur d’Adrien: il regardoit l’aveu ingénu que ce Pape avoir fait des fautesdu clergé, comme la source de cet esprit d’indépendance, que les Allemandsaffcctoient. En effet la noblesse, qui relevoit des Evêques, s’étoit affranchiede l’hommage & de toute la servitude féodale; elle s’étoic liguée contr’eux& avoir choisi pour c’ntf,Francisque de Skkingen, noble Alsacien, l’un desplus zélés prosélites de Luther: ìl eut bientôt une armée; mais il falloir unprétexte pour faire la guerre ; on le trouva dans un léger différend avec i’Ar-chevêque de Trêves (r) & les troupes de Síckingen entrèrent fur les terresde cet Electeur. La Diece de Nuremberg leur ordonna de meure bas lesarmes: mais le chef audacieux de ces rebelles ne répondit à ce decret, quepar des railleries; on résolut de lui faire son procès; les menaces de la Diè-te ne furent pas mieux reçues, que ses ordres: on prit enfin le parti d’enga-ger l’Ekctcur à traiter avec un homme qu’il devoir punir. Cette démarchehumiliante redoubla l’orgeuil de Skkingen,& loin d’être touché du procédéde l’Archevêque, il alla assiéger Saint Wandel.

Après une résistance plus opiniâtre qu’on ne pouvoit l’attcndre d’une villeaustì mal fortifiée, Síckingen y fut reçu en vainqueur,mais il abusa de sa vic-toire & traita les habicans & la garnison avec cette dureté naturelle aux chefsdéparti, & aux nouveaux parvenus: la terreur qu’infpira cette conduite, dé-peupla bientôt les villages & les bourgs ; les habitans chercherent un asiledans Trêves; les Seigneurs songèrent à leur propre défense, & «'enfermè-rent dans leurs châteaux; & l’Elc-cteur au-lieu de trouver des soldats prêts hcombattre, ne vit autour de lui, que des bouches inutiles, moins propres àdéfendre fa capitale qu’à l’affamer. Cependant l’Electeur de Cologne, & quel-ques Princes éloignés, pour qui le péril étoit moins pressant, lui envoyerentdes troupes; il en dont a le commandements) Geriac d’Ifembourg, & atten-dit dans Trêves l’ennemi, occupé à ravager les environs : il exhortoit sonpeuple à défendre la patrie ; c’étoit touc ce qu’un Archevêque pouvoit faire.Òn lui conseilla de se retirer; il rejeta ce conseil timide , & jura de s’ensé-velir sous les ruines de la place, fi elle tombale au pouvoir des ennemis: ilspanaient, & leur artillerie tonna d’abord avec succès: des boulets rouges &des dards enflammés cauferent quelques incendies. L'E!> cteurde Cologne offriten vain fa médiation entre l’Archevêque Richard, & Skkingen. celui-ci de-mandoit une contribution de deux cens mille écus d’cr. Le Prélat en exi-geoit une pareille pour les ravages que Skkingen avoit commis fur ses terres,Celui ci assura les habicans, qu’il les traiteroic en vainqueur généreux, que

Çîj Rymcri. act. 1, 15.

( 2 ) Bmtwtr. Ânn. trevir. T. If. p. 340»