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> i9 6 HISTOIRE D E L’E m p i r e
Sect. XI.Kist. d’AI-lemsgne,1519-1558.
Fin tragi-que deMuntzerfc? dc Pfif-ftr.
Révolutiondons Franc-sert.
152S.
baptistes furent taillés en pièces & les débris de leur armée se jeterent dan?Franchusen avec leur Général: cette ville fut bientôt prise ; & Muntzar futarrêté: il joua d’abord la fermeté (i)î mais bientôt la force des tourmenalui fit avouer & fes desièins & ses complices; il confeíïà, que, quoique sonprojet fut d’établir Tégalité parmi les hommes , il s’étoit cependant exceptéde la loi commune, & qu’il avoit résolu de fe former de la Hestè & du paysde Mulhaufenun état indépendant de l’Empire, où il auroit fait prêcher TE-vangile à fa maniéré. Pfiffer tomba de même entre les mains des Princes:& tous deux périrent fur l’échaffaud, l’un excitant la pitié par son repentir,l’autre Tâtonnement par fa constance.
Cependant François I er fortoit de fa prison, & refufoit d’exécuter le traitéde Madrid. Charles achetoit le silence de TAretin, fur Timprudence qu’ilvenoit de commettre en rendant la liberté à son prisonnier. La guerre fe ral-lomoit en Italie ; & le triste avenir qu’elle faifoit entrevoir, mêloit un air dedeuil aux fêtes occasionnées en Espagne par le mariage de Charles V, & deTlnfante Isabelle, fille d’Emanuel, Roi de Portugal. L’Allemagne n’étoit pasmoins éloignée de la paix ; chaque capitale étoit un théâtre de discorde civile,où ie parti Catholique, & la faction Luthérienne luttoient ensemble , &triomphoient tour-h-tour: k Francfort le Sénat Catholique avoit été déposé;qn Sénat Luthérien étoit monté fur le même Tribunal; les nouveaux magistratss’arrogerent le droit de nommer aux bénéfices, de régler la maniéré dontTEvangiîe seroit enseigné. Ils voulurent forcer les ecclésiastiques à payer les.droits, à porter les armes pour la défense de la patrie, en un mot à remplirtous les devoirs qu’elle impose aux citoyens ; ils défendirent aux moines demendier, de prêcher, de fe répandre dans le monde; & ne leur laisièrentd’autre liberté que celle de faire pénitence, liberté dont ils n’abuferent pas:on abolit en même temps toutes les rentes, dont-ils ne pouvoient présenterdes titres autentiqtfes, & ils ne purent alléguer, comme les autres citoyens,la possession immémoriale. Dans Mayence , dans Cologne, on tenta, maisen vain, la même révolution; Ferdinand s’opposoic dans T Autriche aux pro-
Le Luthé-ranisme s'è-inhlit enS^xe.
grès du Luthéranisme, avec plus de f.'geste que de violence; tout son secretconsistoit, à ne donner les bénéfices importans, qu’à des Prêtres , intéresséspar des motifs particuliers à demeurer fideles à la foi Catholique. Ce futainsi qu’il préserva TAutriche de la contagion presque universelle. L’Electeur deSaxe employoit contre les Catholiques les mêmes armes , dont Ferdinand selèrvoit contre les Luthériens: la nouvelle Religion con venoit à fes profits &à son ambition; suivant Luther, TEglise n’étoit pas seulement composée dePrêtres, mais de tous les Chrétiens; en léguant à TEglise on n’avoit doncpas légué seulement aux prêtres; mais au peuple, au corps de l’Erat. Or TE-tat est représenté par le Prince, celui - ci pouvoir donc sans scrupule s’empa-rer de tous les biens ecclésiastiques, pour en faire un usage conforme aubien public. Docile à ces leçons, Jean abjura le Catholicisme entre les mainsde Luther, il rompit toute correspond; n :e avec le Pape, chassa tous lesmoiness empara de la moitié des revenus ecclésiastiques, & partagea Tautremoitié entre ks hôpitaux & les ministres, bon exemple fut suivi par Phi-
Çi) Chryíïtîîiï. Saxon. p. 2 L6.