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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. XI. 59$

la conduite de ce Général que les révoltés ravagèrent les campagnes, pillèrent 7/^les Abbayes, entrerent dans Winsberg,s’emparerent d’Hailbron, & rendirent lemagne, *ï la noblesse plus de maux, qu’elle ne leur en avoit faits. Mais malgré l’a- 1519-1558.version qu’ils avoient pour tout ce qui étoit noble, par une inconséquence 'naturelle au peuple, ils choisirent pouf Général un gentilhomme, dont Metz- c h>fdi fi-ler ne fut que le Lieutenant ; savoir Geoffroy de Berlingen. II ne vouloir volte.point accepter cette dignité ; mais on lui dit qu’il falloir secevoir le comman-dement ou la mort: peu-à-peu il s’accoutuma à être obéi; il y prie goût,

& comme il avoit des talens, il fit d’un ramas de factieux, une armée do-cile & redoutable. Six villes voisines de la forêt noire entrerent dans la con- Berlingenfédération dès qu’elles la virent conduite par un chef digne en effet de com- est élu Gé-mander. Ce ne fut plus une émeute, mais une ligue. La ville de Wurts-bourg assiégée par les Anabaptistes, & livrée par des traîtres, fut abandonnée iui 'au pillage: le maííàcre fut effroyable ; Berlingen ne put l'arrêter, il vit à re-gret des monceaux de morts entassés dans les places, des ruiíîèaux de sang cou-ler dans les rues; frappé de ce spectacle, il désira d’abandonner le comman-dement; mais il sentit que s’il laissoit appercevoir fes remords & fes deflèins,on alloit l’ajouter à tant de victimes égorgées fous fes yeux. L’fìvêque deSpire, après avoir vu tout son diocèse ravagé , craignoit que fa ville n’eût lefort de Wurtzbourg; déjà les rebelles campoient fous fes murs; mais le Pré-lat connoissoit leurs penchans , & il les appaifa en leur envoyant vingt-cinqvoitures du meilleur vin.

La Lorraine étoit en proie aux mêmes ravages; mais la durée en fut plus Sévérité iucourte, & le Duc par une cruauté peut-être nécessaire y íçut mettre un ter- Duc deme; il sit mastàcrer en un jour six mille Anabaptistes ; fes soldats en égorge- LorríiiHe ’rent un grand nombre d’autres malgré lui; le reste rentra dans le devoir; &cette sévérité, qu’on ne peut fe rappeller fans horreur, procura à ce Duchéun calme après lequel l’Allemagne soupiroit en vain. Le Landgrave de Hesse,poursuivit les factieux dans fes états avec le mêine zele & le même succès;mais Berlingen à la tête de quarante mille hommes tenoit encore la campa-gne. En Thuringe, en Saxe, & dans quelques autres contrées, des factionsparticulières, ruinoient l’Allemagne en détail. Frideric,Duc de Saxe étoitmort, &Jean son frere lui avoit succédé: secondé de plusieurs autres Prin-ces, il marcha contre les Anabaptistes. Muntzer s’étoit posté fur une mon-tagne escarpée ; fes paysans s’étoient faits des retraachemens de leurs cha-riots , à la maniéré des Hongrois & des Polonois : malgré cette situation avan-tageuse, comme ils n’avoient ni munitions ni artillerie, ils demanderont àcapituler; mais les Princes leur répondirent, qu’il falloir, ou être passés au filde l’épée, ou leur livrer Muntzer & fes complices. La circonstance étoitcritique, au moins pour Muntzer ; il ne perdit point la tête ; il joua l'in-spiré. „Mesfreres, dit-il, Dieu vient de m’apparoître, il m’a promis la„ victoire, je vous annonce qu’il m’a ordonné de recevoir tous les boulets„ des ennemis dans la manche de ma robe; cette robe fera votre bouclier:

& un instant après un superbe arc en Ciel colore l’Atmoíphere ; Muntzerqui en avoit fait peindre un fur fes étendants, fait envisager celui qui vient deparoitre, comme un présage certain du gain de la bataille: en même tempsil en donne le signal, & fa troupe le fuir. Malgré fa prophétie, les Ana-

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