400
HISTOIRE DE L’EMPIRE
Sect. XI.Jhst d'Al-lemagne ,
I5is-l558.
Uni en des
l’rincts
Frf.estants.
Ï529.
une injustice: la cour de Rome approuva la cession: dès lors tout parut lé-gitime; Charles fit prendre possession de la ville en son nom, déposa lesMagistrats, qui lui étolent suspects, & abolit la plûpart des privilèges. Cen’écoic point assez encore pour l’ambideux Charles d’avoir chassé le Duc deGueldres des Etats qu’il avoit envahis,il vouloir encore s’approprier du moinsen espérance, ceux que ses ancêtres lui avoient transmis: il le contraignit àsigner un traité, par lequel il fut réglé, que si le Duc ne laissoit point depostérité masculine, le Duché de Gueldres & le Comté de Zutphen appar-tiendroient à l’Empereur, & que s’il avoit des enfans mâles, ils épouse-roient des Princeflès de la maison d’Autriche.
Cependant les Princes Luthériens s’étoient apperçus que les querelles desDocteurs, en multipliant les systèmes & les sectes pourroient nuire au biengénéral, & fortifier leurs ennemis en les afîoibliflànt eux-mêmes: pour pré-venir la ruine de leur confédération, ils avoient résolu d’en reserrer ks liens,& s’étoient assemblés à Torgaw ; on y avoit vu arriver Jean, Eìecteur de Saxe,& Frideric son fils, Philippe, Ochon, Ernest, & François, Ducs de Bruns-wich-Lunehourg, Philippe, Landgrave de Hesiè, Henri, Duc de Mecklin-bourg, Wolfgang, Prince d’Anhalt, Gebhard & Albrecht, Comtes de Mans-feld: on y avoit fait un traité d’alliance qui fut renouvelle en 1528; & onproposa d’y faire entrer les Zwingliens de Suislè ; mais ce projet tut abandon-né , on reconnut que la ligne des Princes Catholiques, qui avoit allarmé tousles Luthériens n’écoit qu’un mensonge imaginé par un faussaire, qui depuisalla porter fa tête fur un échaffaud.
Telle est la foiblesse de la prudence humaine, que les moyens qu’elle prendpour réparer les maux ou les prévenir, servent souvent à les faire naître; cefut pour éteindre d’anciennes querelles, & prévenir de nouveaux différens,que Frideric de Saxe épousa Sibille,fille de Jean, Duc de Juliers, de Cleves& de Berg : la maison de Saxe avoit des prétentions fur la succession de cePrince, en vertu des expectatives accordées par les Empereurs Frideric III,&Maximilien I; h Ernest III, Electeur de Saxe, & à son frere Albert, Mar-quis de Misnie: il fut réglé par le contract (1), que, fi le Duc Jean & laDucheflè Marie son épouse meuroient sans enfans mâles, les Principautésde Cleves, de Juliers, &c. appartiendroient à la Princefle Sibille & à sesdefeendans légitimes: combien ce mariage fit naître d’autres difficultés qu’onn’avoit pas prévues, c’est çe qu’on verra par ses tristes effets dans la fuite decette histoire.
Les différons de Charles V & de François I ne furent pas mieux assoupis.;ils venoient de conclure une paix, dont leurs cœurs étoientloin: ce fut àCambrai que le traité fut signé. Nous n’en citerons que les articles qui peu-vent avoir quelque influence fur les affaires d’Allemagne. François 1 épou-soit, la Princefle Eléonore sœur de l’Etnpeceur, & se chargeoit de payerau Roi d’Anglererre tout ce que Charles lui devoit: ces dettes montoienc àdeux cens quatre vingt mille écus d’or. Le Roi de France s’engageoit àpayer huit cens mille livres & à faire h rente du reste, &, pour le rachat
de
(1) Dûment C. iipl.