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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D*A LLEMAGNE, Liv. XXV. Sec r. Xî. 401

de cette rente, à faire céder à l’Empereur par la Duchesse Douairière deVendôme & par ses autres sujets, les terres qu’íls possédoient dans les Pays-bas: i! étoic encore stipulé, que, s’il naissoit un fils du mariage de Françoisavec Eléonore, il succéderait au Duché de Bourgogne ; que le château•d’Hesdin ferait évacué furie champ par les François; que le Roi renonce-rait à toute jurifdiction fur les Comtés de Flandres & d’Artois. Ces condi-tions étoient dures; mais François I ne pouvoit payer trop cher la liberté deses fils, qui étoient restés en otage , & la faute qu’il avoit faite à Pavie.Charles faifoic aussi quelques restitutions, & aliénoit quelques Domaines pouren gratifier des Princes du Sang Royal de France; mais ce qu’il cédoic nepouvoit être comparé à ce qu’il acquérait : les peuples pouvoient se récriercontre ces aliénations contraires à la constitution des Etats ; ils pouvoient ac-cuser de parjure des Princes, qui, k leur sacre, avoient promis solemnelle-ment de ne point aliéner les dépendances de leur couronne : Charles & Fran-çois dévoient eux mêmes se reprocher de trahir leurs serments : mais ontrouva un moyen facile pour imposer silence aux peuples & it la consciencedes deux Monarques : ils s’obligerent à demander au Pape la dispense des ser-mens par lesquels ils étoient liés. Ainsi une bulle pouvoit , selon eux,changer les loix fondamentales des Etats, & abolir la premîere de toutes lesloix naturelles, celle qui nous oblige à observer réligieusement une promesseautentique, prononcée à la face des autels.

Charles V étoit porté à accélérer la paix par un motif non moins puifiàntque celui d’ajouter de nouveaux Etats à ses domaines. Les Turcs menaçoientla Hongrie: Soliman venoit la ravager fous prétexte de la défendre, & an-nuller en fa faveur la cession que Jean de Zapola avoit faite de cette couron-ne à Ferdinand d’Autriche; il étoit à craindre, qu’après avoir soumis lesHongrois, cet insatiable conquérant,l’Alexandre des Musulmans, ne pénétrâtplus avant, & ne vînt porter le fer & la flamme jusqu’au centre del’Allema-gne. L’Empereur du fond de l’Espagne veilloit à la sûreté des Etats, où il nepouvoit résider (i): il fit assembler à Spire une diete , qui devoit prendreles mesures les plus efficaces pour s’opposer à l’irruption des infidelles ; &en même tems arrêter les progrès du Luthéranisme. Le premier de cesdeux objets étoit fans doute le plus eíîèntiel ; mais le second fut celui donton s’occupa le premier, comme si Luther eut été plus redoutable que So-liman : on tenta, mais en vain, de semer la discorde entre les Luthériens &les Zwingliens, afín de les affoiblir par cette division: le Landgrave deHesse sçut les réconcilier: on disputa, on s’aigrit (2); Ferdinand fit chas-ser de la diete les députés de Strasbourg, parce que dans cette ville on avoitaboli la mesiè, & ces Ministres prirent en se retirant le ton de la menace,

„ puisqu’on refuse à notre patrie, (disoient - ils) le droit d'envoyer des dé-„ putés à la diete, elle ne payera plus de taxes, & ne contribuera plus aux,, dépenses de l'Empire." On crut rétablir la concorde en publiant un de-cret par lequel il étoit ordonné (3) „ que ceux, qui, jusqu’alors, avoient„ observé l’édit de Worms dévoient continuer de le faire, & auraient le

fr) Sleidan, l. H. ( 2 ) Hijl, d'Alsace, T. II, L. ir. (3) F aime. L. II.

Sleidan, L. VI.

Terne XL. E e e

Hìsì. ci’AÌIem igné,1519 1553

Traité deCambrai.