4 o4 HISTOIRE DE L’E M PIRE
Secr. XI.Uift. d’Al-l'emagne,151$» 155B-
’Desmlérsf.Jement desPrivasProujians.
ses ambassadeurs pour le représenter: démarche équivoque qui ne laissoit es-pérer que peu de succès de cette assemblée. On indiqua une nouvelle con-férence , où l'on promit de part & d’autre d examiner paisiblement les pointscontroverses, de se rapprocher autant qu’on le pourroit, de supprimer touteexpression amère ou injurieuse: en effet les Luthériens montrèrent moinsd’opiniatreté que dans les autres conférences; ils adoptèrent quelques points-de doctrine, qu’ils avoient combattus jufqu’alors: Mélanchton fur-tout mon-tra un désir íincere pour la paix ; mais il céda plus que son parti ne vou-loit; on lui fit un crime de sa facilité: Luther étoit famé invisible du Con-grès protestant. Chaque jour on lui envoyoit des couriers ; il suggérait les-objections, il dictoit les réponses à celles des Catholiques; & bientôt les Lu-thériens reprirent la fougue qui les caractérisent, & rentrerent dans le cer-cle étroit que leur chef avoit marqué à leur croyance : ainsi les armes idéolo-giques s’émousserent contre l’opiniatreté de cette secte. L’Empereur sentit bienqu’il falloit en employer de plus puissantes , celles de la politique, il fittraiter avec chacun des Princes protestans en particulier, & tenta de les sé-duire par de magnifiques promesses; l’Electeur de Saxe fut le premier h quiil tendit ce piege. De grands intérêts mettoìent ce Prince dans la dépen-dance de l’Empereur, il n’avoit point encore reçu une investiture permanentede son Electoral L’Empereur étoit obligé de la donner fur le champ, lors-que l’héritier d’un fief Impérial descendoit en ligne directe du dernier posses-seur: mais l’hérédité de l’Elccteur étoit collatérale; & Charles pour lé con-tenir ne lui avoit accordé qu’une investiture de deux ans, qu’il promettoitde renouveller pour le même temps , lorsqu’elle ferait expirée ; il étoit kcraindre qu’un cadet de cette famille, Catholique par ambition, n’obtînt cequ’on avoit refusé à son aîné; d’ailleurs i’Empereur n’avoit point encore con-firmé le mariage du Prince Electoral avec la Princesse de Clèves : on offroich l’Electeur l’investiture perpétuelle, & la confirmation du mariage de setrfils, si tous deux rentraient dans le sein de l’église Catholique ; il réponditque sa conscience lui étoit plus chere que l’agrandiísement de fa maison, &cette conduite fit perdre depuis l’Electorat à son fils, & priva ses descendansdes Duchés de Clèves & de Juliers. Le Landgrave de Hesse, ne fut nimoins généreux ni moins constant: il aima mieux perdre ses expectatives furle Duché de Wirtem'berg, & voir passer le Comté de Catzénellebogen dansla maison de Nassau, qui le lui disputoit, que de renoncer au Luthéranisme ril ajouta cependant qu’ii avoit une si haute idée de l’équité de l’Empereur,qu’il espérait que la diversité d’opinions ne l’empêcheroit pas de prononceren fa faveur. Dans ces contestations le Marquis de Brandebourg, que l’onmenaça de lui ôter la tutelle d’Albert son neveu, fut aussi le martyr de fa>persévérance, & l’on peut dire, que, chez ces trois Princes, la religion n’é-toit pas en ce moment un masque politique. Après ies atrair en vain atta*qués en détail, l’Empereur essaya de les soumettre tous à la fois. II les man-da ; ils se rendirent à ses ordres ; mais il n'obtint d’eux d’autre réponse, fi-ton, qu’ils ne se croyoient point séparés de l’Eglíle chrétienne; que lesopinions qu’ils soutenoient étoient aussi anciennes que l’Eglise même, puis-que c’étoit le pur Evangile ; qu’ils désiraient un Concile, mais quìls vourliaient qu’il fût libre. & impartial, II y eut de part & d’autres des répliqués