D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XI. '403
6c lui firent sentir, que, sans cette condition, on ne devoit attendre d’eux j,,,
aucun secours contre les Turcs; le Monarque insista fur l'exécution de l Edit kiízgn-,de Worms & du decret de la diète de Spire; alors les députés lui firent figni- r;-s--;;»,iier légalement leur protestation, & Charles fut si irrité de cette démarche , —7»
qu’il leur défendit de fouir de la maison où ils étoient logés, & d’écrire en ^Protes!'Allemagne fous peine de prison & de confiscation de leurs biens : malgré ces t»m vertprécautions toute l'Allemagne fut bientôt informée de la réponse de l’Empe- Charles.reur; tous les Protestons en furent effrayés: ils résolurent dès cet instant (i) mttlde faire une nouvelle ligue, fur un plan plus indissoluble & plus redoutable; r<(He 'mais avant de la conclure, le Landgrave de Heslè tenta de réunir les Luthé-riens & les Zwingliens, divisés de nouveau fur quelques articles de leurcroyance. Les Docteurs des deux st étés s’assemblerent, exposèrent leurs rai- r5z»,
sons, n’écouterent point celles de leurs adversaires; on fe sépara, & chaqueparti, plus ferme dans son opinion qu’auparavant, publia qu’il avoic terrasiële parti contraire. Le Landgrave ne íë rebuta point, il les asiëmbla encore;il parla longtemps fur la nécessité & les avantages de la concorde, fur lessuites funestes de la mésintelligence : tous en convinrent & applaudirent à sesconseils; mais chaque parti voulant attirer l'autre à lui , aucun ne voulantrien sacrifier de sa croyance, la seconde asiemblée fut aussi infructueuse que lapremiers.
Pendant ces démêlés , l’Empereur recevoit dans Boulogne la couronneImpériale des mains du Pape; après cette cérémonie, qui n’ajoutoit rien kses qualités vraiment Royales, mais qui augmentoit lu vénération du peuplepour lui, il indiqua une diete à Augsbourg pour y délibérer fur les affaires deReligion: il envoya en même temps des sauf-conduits à tous les PrincesPro-testans, & témoigna qu’il defiroit que cette diete fut générale. Avant desortir d’Italìe, il força les Florentins à reconnoître Alexandre de Médicispour leur Souverain: ce service rendu à la famille du Pape, lui donnoit furîa reconnoissance du Pontife des droits dont-il fe promectoit de faire usage.
II partie ensuite pour Augsbourg ; les Princes y étoient déjà aílèmblés : lelendemain de son arrivée étoit le jour de la Fête - Dieu ; il invita les PrincesProrestans k fe trouver à la procession ; mais il essuya un refus : une méfiésolemnelle ouvrit la diete ; l'Electeur de Saxe , devoit y paraître commeGrand Maréchal de TEmpire. Son embarras étoit extrême ; assister à la méfié,c’étoit en reconnoître la nécessité; s’en abstenir c’étoit risquer de perdre sacharge. Ses docteurs leverent ses scrupules; ils lui dirent qu'il pouvoit y assi-ster comme k une cérémonie purement civile, & non comme à une cérémo-nie religieuse, & lui citèrent lëxemple d’un Prophète qui avoit permis à unGénéral de s’incíiner devant les idoles.
On suivit dans cette diete le même plan auqueî on s’étoic attaché dans Cnfcflioncelle de Spire, on parla des affaires de Religion, avant de songer à la guerre d'Augj -contre les Turcs: les Prorestans exposèrent un abrégé de leur croyance, iour £-qu’on appella depuis la Confejsion d'Augsbourg. Les Théologiens Italiensla réfutèrent; & l’on vit naître d'interminables querelles que toute la puilì'n-ce de l’Empereur ne put appaiser. Le Landgrave de Hesse se retira, laissant
(:) Cochlœus. Sltidan. L. 6.
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