Sect. XI.Hist. d'Al-lemagne ,15^9 > 558 -
1533 -
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4 io HISTOIRE DE L’EMPIRE
gée en loi d’état ; il falloit donc attendre des tems plus favorables pour ex-tirper les profondes racines qu’il y avoit jetées; la ligue de Smalkalde n’é>toit pas moins redoutable que l’Empereur; elle pouvoit tourner ses forcescontre celui qui l’abandonneroit, & les démarches que l’Empereur exigeoitétoient impossibles, jusqu’à ce que la ligue eut été dissipée par la voie de la né-gociation. Granvelle n’obtint point de l'Eleàur de réponse plus satisfaisante.
L’Empereur écoit passé en Italie, où il avoit eu une entrevue avec le Pa-pe: il pressoit le Pontife d’sssembler un Concile : mais Clément exigeoit,qu’il fût assemblé dans une ville d’Italie, que l’Empereur y fût présent, tantqu’il dureroit St que les Luthériens se soumiílènt d’avance à ses décisions ; uaNonce accompagné d’un Tvlinìstre Impérial partit pour se rendre successive-ment dans les différentes cours des Princes Protestans, St leur faire agréer ceque le Pape exigeoit : il y avoit encore une condition qui déplût aux Prin-ces assemblés à Smalkalde ; il étoit dit que le Concile se tiendroit suivant lescanons St suivroit les formes consacrées par l’usage St les loix de l’Eglise»Cette proposition paroiílbit obscure: dans les premiers tems de l’Eglise lesquestions le décidoient dans les Conciles par le texte de l’Ecriture Sainte ;mais dans les Conciles subféquens on avoit admis .les interprétations & lescommentaires des Docteurs : les Princes consentoient à se soumettre à unConcile qui procederoit suivant la forme antique; & refusaient de recon-noître celui où l’on recevroit d’autres décisions que celles qui seroient prisesdans les livres saints: ils s’en tinrent h cette résolution, & un nouveau Non-ce qu’on leur envoya ne put la leur faire changer.
Mais quand le Concile auroit pu mettre fin aux querelles Idéologiques ,il y avoit de plus grands différens à terminer ; St les intérêts politiques n’é-toient pas moins chers aux Princes Proteílans que ceux de la Religion. LeDuché deWirtemberg étoit devenu un flambeau de discorde;en 1519 le Ducavoit été chaste de ses états par la ligue de Suabe, pour s’êcre fait justice parses mains contre ses sujets révoltés, au lieu de s’adreslèr à la ligue, pour ob-tenir vengeance : Christophe, fils du Duc détrôné implora d’abord la pro-tection de François I ; St tandis que ce Prince délibéroit fur les moyens de ca-cher les secours qu’il lui procureroit, l’affaire fut portée à la diète de Nu-remberg: le Roi des Romains s’étoit emparé du Duché, comme d’un fiefvacant; de sorte qu’il devenoit juge St partie; la maison d’Autriche, inquié-tée d’aiîleurs par les Turcs, aimoit mieux pourtant paroître céder en appa-rence que de soulever tous les Allemands contre elle, & de s’actirer fur lesbras toutes les forces de France: la sentence fut favorable à Christophe;mais Ferdinand satisfait d’avoir avoué son usurpation, différait de la répareren restituant le Duché. La ligue de Smalkalde résolut de faire exécuter, le$armes h la main, le jugement de la diete; le Landgrave de Hesse avoit émutous les cœurs en faveur du jeune Duc, & leur avoit inspiré pour lui unecompassion noble St généreuse: il alla lui même solliciter FrançoisI, qu’undouble motif engaçeoit à prendre la défense de Christophe, la gloire de se-courir un infortuné, St le plaisir de nuire à Charles V. Ce n'étoient pas des-troupes que l’cn demandoit : toute la ligue étoit prête à prendre les armespour le Duc, maïs on manquoit d’argent; François I, quoiqu’épuifé par desguerres ruineuses Lt par fa rançon, ea trouva encore dès qu’on lui proposa.