D’AL LEMAGNE. Liv. XXV. Sect. XI. 409
réponse très-ferme & nullement ambiguë. On convint d’aíTembler une diete d'Al-i Nuremberg; conférence qui ne fut pas moins tumultueuse que les autres; lenagne,cependant on parvint à signer un traité par lequel il étoit statué „ qu’il y au- - 5 19-15 s».„ roi c entre l’Empereur & les Etats de l’Êmpire une paix générale, jus- "
„ qu’à la convocation d’un Concile libre œcuménique & chrétien : que per-„ sonne, pour cause de Religion, ne pourroic faire la guerre à quelque au-„ tre Prince, ni le dépouiller de ses états; qu’il y auroic entre tous une„ amitié sincere & une concorde chrétienne: que l’Empereur tacheroic de„ faire indiquer un Concile dans six mois, & d’en procurer la tenue dans un„ an: enfin , qu’il fufpendroit tous les procès intentés, pour fait de Reli-„ gion,contre l’Electeur de Saxe & ses alliés, jufqu’au futur Concile ou à la„ prochaine diete : ” le Landgrave de Heíse fut le seul qui refusa de ratifiercet accord: sélection de Ferdinand étoit selon lui l’objet le plus important& le traité ne renferment rien de positif fur la validité ou la nullité de cette
élection.
L’Empereur eut bientôt lieu de s’applaudir d’avoir fléchi son orgueil juf-qu’à accorder aux Procestans des conditions raisonnables : i!s ne se bornèrentpas aux secours qu’ils avoient promis ; ils envoyerent le double de leurs con-tíngens: aux sommes qu’ils étoient obligés de payer ils ajoutèrent cent cin-quante mille florins: il dut sentir alors les heureux effets de la tolérance; ildut connoître de quels efforts généreux les hommes font capables, Ioríqu’onbrise le sceptre de fer, dont le fanatisme les a frappés, & que la meilleuremaniéré d’asservir les cœurs est de rendre la liberté aux esprits. Jamais cezele, ce concert du corps Germanique n’avoient été plus nécessaires; lesTurcs ravageoient la Hongrie ; plusieurs détachemens avoic-nt pénétré dansl’Allemagne ; on avoit vu flotter leurs enseignes jusques fous les murs deLintz : le Comte Palatin les força à rejoindre leur armée, les poursuivit, lestailla en pieces, & eut la gloire de voir ce Soliman, la terreur de l’Europe& de l’Asie, fuir devant lui, retourner à Constantinople, toujours sûr detrouver dans les faveurs de ses maîcreílès, de quoi se consoler des disgrâcesde la guerre.
L’Electeur de Saxe venoit d’expirer, & Jean Frideric lui avoit succédé :le fils allarmoit encore plus l’Empereur que le pere ne l’avoit inquiété ; c’é-toit un jeune Prince, avide de nouveautés, ami de Luther qu’il appeiloit sonMécène, bravant les périls, ennemi de toute autorité qui n’étoit pas la sien-ne, esprit d’ailleurs ouvert aux conseils de ceux qui étoient au-dessous delui, rebelle aux ordres de tout ce qui étoit au - dessus. Le célébré Perenocde Granvelle arriva à fa cour, fous prétexte de lui faire, de la part de l’Em-pereur, ce qu’on appelle un compliment de condoléance, mais en effet pourl’engager à reconnoître le Roi des Romains & à travailler h la destruction duLuthéranisme: il lui fit sentir combien il étoit dangereux de traverser lesprojets d’un Prince auffi puissant que Charles, que de toutes les maisonssouveraines d’Allemagne, celle que l’Empereur étoit le plus jaloux d’ab-baìsser étoit celle de Saxe, & que résister à ce Monarque, c’étoit assurerfa propre ruine. Ce ton menaçant n'effraya point l’Electeur ; cependant ilne fronda pas ouvertement la volonté de Charles , 1 le Luthéranisme, disoit-il,n’étoit plus dans la Saxe une secte obscure, mais une Religion générale éri-Tome XL. F f f
1532-
NêgeciatÁmauprès ; d unouvel E-leSsur diSaxe.