D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XII. 497
plus guerrier, moins brigand, s’emparoit de J’abbaye de St. Maur, Hist. d'AI-d’Haguenau , de Saverne , & d’une partie de l’Alsace ; tandis que la lemagne,cour de Vienne se livroit à la joie & célébroit par des se tes pompeuses 1558-1648.le mariage de Ferdinand avec Eléonore de Gonzague, sœur de Ferdinand l; EmpereurDuc de Mantoue, le Comte poursuivoit ses conquêtes, forçoit le Géné- épouse Eléo-ral Tilly à lever le siégé de Dilsberg, l’attiroit dans une embuscade, tail- nore deloit son armée en pieces, se rendoit maître de Ladenbourg, délivroit Ha- Oon2a§«e. îguenau assiégé par l’Archiduc Léopold, ravageoit les états du Landgrave Succès dude Darmstadt, & le faisoit prisonnier. Le Duc de Brunswick qui netoitque féroce, continuoit ses ravages dans la Westphalie. Mais Tilly, Gon- ' ans ^ ‘ 'zales & Anholt, marchèrent à fa rencontre, & le forcerent à prendre lafuite, abandonnant son artillerie, ses drapeaux, & tout son bagage. Ce-pendant on preílòit l’Empereur de rendre le calme à l’Allemagne, & detraiter avec FElecteur: ,, eh! répondit Ferdinand, puis-je faire grâce h„ un Prince qui, chaque jour, aggrave & multiplie ses crimes! qui fait„ ravager les plus belles provinces par ses généraux ? Quand il n aura plus„ à fa solde les proscrits, qui mettent tout à feu & à sang, alors je pour-,, rai écouter ma clémence”. On crut, que, par ces proscrits, il dési-gnoit le Duc de Brunswick & le Comte de Mansfeld: FElecteur qui dési-roit la paix les congédia tous deux; alors le Comte de Tilly, & l’Archi- L'Elec--duc Léopold, firent fans obstacles les progrès les plus rapides. En Bohê- teurfuruneme les armes Impériales prospéroient avec la même facilité : un nouvelécu t menaça les rebelles du dernier suplice, chafla de Prague les Ministres Ornent con .Luthériens, & étouffa les dernieres semences de la révolte. Frédéric sen- gédieBruns-tit alors quelle faute il avoit faite, en congédiant ce Mansfeld que tou- &tes les Puisiànces se disputoicnt, & qui connoiflànt le peu de confiance * ans f e 'qu’on doit avoir dans l'amitié des Princes, ne sçavoit encore auquel il s’at-tacheroit, mais paroissoit résolu de ne jamais retourner près de Fingrat quil’avoit sacrifié à une vaine espérance de paix (1).
On commençoit à croire que l’espérance de cette paix pourroit se réali-fer: l’Empereur avoit indiqué une Diete à Ratisbonne: quelques espritsétoient favorablement disposés pour FElecteur Palatin : il offroit de renon-cer à la Bohême & à toutes les provinces incorporées , pourvu qu’on luilaissât ses états, tels qu’il les possédoit avant la guerre : mais l’Empereur,loin de consentir à les lui rendre , demanda qu’on donnât au Duc de Ba-vière l’investiture des états de ce rebelle ; il le peignit comme le fléau del’Empire , comme un homme incapable de repentir, & tramant des com- Diete dtplots dans les tenebres au moment même où on lui accorderoit le pardon Batiibonnede ceux qu’il avoit déja fait éclatter. Cette proposition fut vivement dé- donne lesbattue; les Catholiques penchèrent pour la sévérité, les Evangéliques ^pour la clémence: Ferdinand fit triompher le parti des premiers, & le u Pa ‘Duc Maximilien de Bavière fut déclaré Electeur & Archipanetier d uc ^ Ba-de l’Empire (2) à la place de Frédéric Comte Palatin. La Diete viere.fe sépara ensuite: on ne devoit pas croire que Frédéric se verroit tran-quillement dépouiller de sa dignité ; avant de reprendre les armes, ìl
(i) Khevenhuller T. 9. Theat. Europ. T. 1.Tome JíL. R r r
(2) Merc. Gall. Eelg.