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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Lív. XXV. Sec t. XII.

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ne connoissoit pas les talents de Gustave, ou qui avoic une trop haute idée Hift. d’AI-des siens, dit à l’Empereur: ,, Sire, laites approcher de la Dicte une ^“o^’g„ partie de vos troupes: que le reste dirige fa marche vers les états de 155 4

„ ceux, qui s’opposent à vos volontés: alors vous les verrez soumis &

„ tremblants devant vous; ils vous menacent du Roi de Suede! ils ou-„ blient que Walstein est encore dans l’Êmpire ; si Gustave ose mettre le„ pied dans l’Allemagne, je vous réponds de i’en chaífèr avec des vergesCette bravade ne fit pas 1 ester que Walstein en avoir attendu ; l’Empereurlui ôta le commandement de l'armée, & le remit dans les mains du Com-te de Tilly, quoique le Duc de Bavière le demandât. Gustave fut moins Le Rni dtlent à se déclarer que les Protestants : au milieu même de la Dicte de Ra- Suede s’unittisbonne il fit paroître un manifeste où il expofoit les raisons de fa rupture, tants ^dé'„ L’Empereur avoit intercepté des lettres, que le Prince Suédois écrivoit c lare u„ à Gabor & avoir maltraité son Courier: il avoir secouru le Roi de Po- guerre à„ logne contre la Suede : il avoit défendu aux Suédois de faire des levées í Empereur.

„ dans l’Allemagne: les Ducs de Mecklenbourg, cousins germains de Guf-„ tave, a voient été dépouillés de leur Principauté: Ferdinand avoit fait„ équiper une flotte pour enlever à la Suede l’empire de la Mer Baltique:

,, plusieurs vaistèaux Suédois a voient été confisqués par son ordre & contre„ le droit des gens; il avoit refusé d’admettre les Ambassadeurs Suédois,

,, lorfqu’à Lubec, on traitoit de la paix avec le Dannemarck: il avoit dé-„ claré Gustave ennemi de l’Empire & avoir excité les Princes Catholi-„ ques à lui refuser le titre de Roi : ” telles étoient les causes de la guerredont il apportoit le flambeau, du moins c’étoient les feules qu’il laissât pa-roître. Gustave avoit déjà rastèmblé lès troupes ; il étoit assuré de trouverde bons soldats, parce qu’il étoit lui-même le premier soldat de son ar-mée; il ne manqua jamais d’habiles officiers, parceque ce n’étoit point à lacour, mais dans les camps, que se faifoient les promotions, que les gra-des militaires n’étoient point distribués par les femmes, & qu’ils étoient cou- Suédoisjours le prix des services longs ou éclatants. Du premier pas il conquit j 'emparentune partie de la Poméranie; l’Angleterre lui envoya six régiments com- d'unepanUmandés par Hamilton, de forte qu’il put garder ses conquêtes, fans affoi- de [ a P°'né.blir son armée (1). ranie ‘

Ferdinand qui jufqu’alors avoit méprisé Gustave, apprit à le craindre; illui écrivit pour l’engager à abandonner son entreprise. Gustave reçut lalettre, la lut, & dit en souriant: „ je ne puis écrire maintenant; je répon-,, drai à l’Empereur, quand je ferai guéri de la blessure que l’aigle m’a„ faite au bras”. Tout conquérant est fùr de trouver des amis; & lesPrinces, que la raison d’écac rend peu délicats fur le choix de leurs alliés,fe rangent preíque toujours du côté du plus fore. Louis XIII se ligua avec 1<53r *Gustave, à condition que ce Prince conièrveroit la Religion Romaine dansles conquêtes où il la trouveroit établie : cet article ossroit aux Princes Ca-tholiques d’Allemagne un prétexte pour demeurer neutres; & ôtoit à l’Em-pereur les moyens de donner à cette guerre l’apparence d’une guerre deReligion, artifice qui avoit déjà réussi plus d’une fois à la~ maison d’Autri-

(1) Khevenhuller & Londorp ubi Jupr. Puffendorf L. 1. §. 53 ì & L, 2.

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