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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. L iv. XXV. Sec t. XII. 505

„ môme que rhumanité ne l’eíl plus. " Le Duc de Bavière ne perdit fíijî. d'^i.pas toute espérance, en perdant sa capitale ; il joignit ses troupes k celles sem?gne,de Walstein, & les nouvelles qu’on recevoit de Bohême ranimoient les Im- I SSS-t648.périaux. Ce Royaume avoit été reconquis en peu de jours; & Walsteinpromettoit k ses soldats les mêmes succès en Allemagne; en esset la terreur,dont ils écoient frappés, se dissipa ; (1) & lorsque Gustave vint les attaquerdans leurs retranchements, ils soutinrent avec ia plus grande intrépidité descharges furieuses & redoublées qui durèrent dix heures. Le Roi de Sue-de fit fa retraite en grand Capitaine, résolu de réparer bientôt cet échec *

dans une bataille: ce fut près de Lutzen que les armées fe rencontrèrent; u z ' n 'ni Tune ni l’autre n'avoit eu le temps de réparer ses forces par quelquesjours de repos : Gustave commença faction à la tête de fes gardes, il for-ça les retranchements, s’empara de l’artillerie des Allemands & la tournacontre eux: bientôt, attaqué dans ce poste, il volt ses soldats s'enfuir endésordre : „ Lâches, leur dit il, demeurez du moins allez longtemps pour„ voir mourir votre Roi, qui ne peut survivre à votre honte.” Ce peu demots les ramène au combat; le poste & l’artillerie sont emportés une se-conde fois; le combat devint plus furieux; les retranchements étoient at-taqués & défendus avec le même acharnement. Enfin Gustave fut tué aufort de la mêlée, soit que les Impériaux ne le connussent pas, soit qu’il yeut un delîèin formé contre sa vie; on ignore les circonstances de fa mort:tout ce qu’on fçait c’est qu’il étoit percé de coups honorables , & qu’ilmourut en héros, comme il avoit vécu. Le cheval de Gustave étant re-venu au camp , couvert du sang de son maître qu’il avoit laisse fur lechamp de bataille, on s’écria le Roi efl mort ! & ce cri passe de rang enrang; on devoit craindre qu’en cet instant toute l’arméene s’enfuit en dés-ordre ; mais la fureur fut le seul sentiment que la mort du Roi inspira auxsoldats; ils jurèrent de le venger; & chargèrent les Impériaux avec tantd’ardeur , que ceux ci perdirent leurs postes, rompirent leurs rangs, &,sourds à la voix de leurs officiers, commencerent k prendre la fuite. Lavictoire étoit décidée pour les Suédois , lorsque le Comte de Pappenheimarriva avec des troupes fraîches; il rallia les fuyards, & rétablit le combat;mais frappé d’un coup mortel, on l’emporta couvert de sang & presqueexpirant : la nuit suspendit les coups ; les Autrichiens, à la faveur des té-nèbres , fe retirerent, laiílànt les Suédois maîtres du champ de bataille & del’artillerie Impériale. (2)

Gustave admiré, mais envié par tous les Rois, emporta dans fa tombeplus d’estime & de gloire , que de regrets : le seul Frédéric Electeur Pa-latin parut vivement frappé de cette perte ; il étoit malade, lorsqu’on luiporta cette fatale nouvelle ; elle accrut fes maux, & il expira le 19 No-vembre. Charles Louis, son fils aîné, étoit encore en bas âge : PhilippeLouis, frere de Frédéric, fe chargea de la tutelle, jusqu’à ce que le jeune a6zZ>Prince fut capable de reconquérir fes états ou d’en solliciter la restitution.

Dès cet instant, la Ligue de Leipsig parut chancelier dans son affection pour

(1) Loccen. Hi[í. Sutc. L. 8. Lotichius. L. 55.tan. L. 8. U aiii.

Terne XL. S s s

(2) Puffendorf L. 4. Loc-