5 o <5 HISTOIRE DE L’EMPIRE
S”ct. XII. la Suede : cependant cette Puissance n’avoit point abandonné les Confédé-d’A’- rés, (i) elle restitua a l’héritier de Frédéric, la Dignité Electorale, &lenngae, i u i cn fj c exercer les fonctions dans l’asseinblée des Protestans h Ileilbron.1558-16 48. ç e p uc jà, qu’après quelque temps d’irréfolution , l’alliance fut renouvel-" Constance lée : on convint de resserrer l’union des Cercles du Rhin , de Suabe, & dede la cour Franconie pour la défense commune; & leur intelligence avec la cour dede Suede Stockholm: on remit entre les mains du célébré Òxenstiern, Chancelierat tache- âe Suede, la direction générale des affaires : on établit un Conieil fubor-msnt aux donné à ce chef, & on déclara ennemi de l’Empire tout Prince Protestant,intérêts de qui refuse roi t de s’unir aux Confédérés; le seul Electeur de Saxe ne voulutla Ligue, point ratifier ce traité. Quoiqu’une pareille Ligue annonçât une nouvelleguerre, la France offroit fa médiation pour la paix générale, &, on né-gocioit h Leutmeritz : mais les conditions , que vouloient imposer l’Elec-tcur de Saxe & le Marquis de Brandebourg, étoient fi dures, que la Courde Vienne ne put les accepter.
La'guerre continua; les deux partis furent tantôt vainqueurs, tantôtvaincus, & les peuples toujours opprimés: Walstein fit quelques conquê-tes en Silésie ; les Suédois s’emparerent des villes forestières ; le Duc deSaxe-Weimar fe rendit maître de Ratisbonne, & de Straubingen; & leMaréchal de Ilorn attaqua Philipsbourg avec le même succès. L’Alle-magne protégée & désolée par les étrangers , qui fe dîsoient tous, ven-geurs de la liberté Germanique, voyoit les Suédois, les François, les An-glois, les Hollandois , les Espagnols parcourir fes provinces le fer & laflamme à la main. Le Duc de Lorraine Charles IV fe déclara pour la mai-son d’Autriche; la situation de fes états ne lui permettoit pas de demeurerneutre dans ces grandes querelles : Louis XIII lui déclara la guerre; leDuc entra dans la Franche - Comté ; mais il fut vaincu, & le Comte deSalm, qui s’étoit joint h lui, fe vit contraint de céder h la France Hague-nau , le château de Hohenbaar , Reichshofen & fes droits fur Saverne.Telle étoit la situation de l’Empire, lorsqu’on découvrit une conspirationqui devoir, si elle eut réussi, rendre inévitable la ruine de la maison d’Au-Censpira- triche. Walstein connoissoit assez peu les Rois, pour en exiger de la re-V^ n ,a e - . connoissance, & s’étonner de leur ingratitude; indigné des mauvais procé-il % ar-* dés des Cours de Vienne, de Madrid, & de Munich, n’ayant^ point assezJaJsinê. de vertu pour mépriser les outrages, il résolut de trahir fes maîtres, & defe donner aux Protestants : il négocia avec eux; il comptoir fur le mécon-tentement de la plupart des officiers, qui fe plaignoient de Ferdinand; &fur l’amour des soldats, dont il étoit adoré: la maison d’Autriche étoit ac-cablée, si ce Général paslòit dans le parti contraire avec son armée : lesSuédois ne purent concevoir cette perfidie , ils crurent qu’il leur tendoitun piege : enfin parmi fes confidens, il fe trouva un homme, nomméPiccolómini, qui crut qu’il n’y avoir point de lâcheté à trahir un traître;il révéla tout le complot à l’Empereur.
X634. L’Empereur douta d’abord de la réalité de cette trahison ; il crut quec’étoit une calomnie forgée par les ennemis de Walstein ; mais on allégua
(1) Siii Mtm. nemd. Tom, 7. Puffend. L. 5.