Sl-CT. XII.I-liJï. d’Al-lemagne ,1558-1648.
DtfaitedesSuédois àNordíin•gue.
50S HISTOIRE DE L’EM PIRE
geoietit Nordlingue, ville de Suabe aíTez forte: ils avoient dans leur camp-,le Roi de Hongrie , le Cardinal Infant , Gouverneur des Pays-bas, îeDuc de Bavière , le Duc de Lorraine , dont la présence les animoit; &Picolomini, Galas, Jean de Wert, Léganes & los Balbaces, dont l’expé-rience les raífuroit : les ennemis s’étoient emparés d’une hauteur inaccelfi-ble. Le Duc de Weimar eut l’imprudence de descendre dans la plaine ;les Impériaux n’avoient point compté fur cette faute , mais ils en profitè-rent, comme s’ils l’avoicnt prévue : (1) le premier succès fut pour lesSuédois, ils fe rendirent maîtres d’un polie, qui dominoit fur toute ParmesCatholique, & qui fut envain défendu par l’infanterie Impériale & la cava-lerie Espagnole: ils y paflèrent la nuit du 5 au 6 Septembre ; la conquêtede ce polie ne les dédommogeoit point de la position redoutable qu’ilsavoient abandonnée ; ils ne s’en aperçurent que trop Je lendemain. Dèsla pointe du jour une vive canònade annonça la sanglante action qui sepréparoit : les Suédois fe rangèrent en bataille; Weimar commandoit lagauche, Cratz la droite, & le Maréchal de Hom le corps d’armée ; unepluie qui survint & que le vent portoit dans les yeux des Autrichiens, leurcacha la marche des Suédois, qui s’avancerent jusqu’aux pieds des retran-chements, fur la colline où Parméc Impériale étoit campée: les fossés fu-rent comblés avec des fascines; les Suédois s’élancerent fur les Impériaux:ceux ci résilièrent d’abord, cédèrent ensuite, puis repoussèrent les Suédois ;enfin repousses à leur tour , ils s’enfuirent en désordre vers la ligne desEspagnols,qui leur présentèrent leurs piques menaçantes,& à cette vue ilsreprirent leurs rangs : mais d’Idiaques comptant peu fur des troupes effra-yées, fe fit suivre de ses seuls Espagnols , attaqua les Suédois, & les miten déroute, fans que le Maréchal de Hom pût les rallier. Le Duc deWeimar avoir le même fort à l’aile gauche ; après avoir pouffé les Géné-raux Galas & Léganes jusquau poste du Roi de Hongrie , il fut accablépar la cavalerie Hongroise & Napolitaine, & vit tome l’aile gauche enve^loppée ; il sçut la dégager, & courut au secours du centre qui plioit fousl’effort des impériaux; il rétablit le combat ; les Suédois firent des prodi-ges de valeur, prodiges inutiles , qui ne firent que retarder leur défaite &la rendre plus meurtrière : le Duc de Lorraine prit de fa main f étendarddu Duc de Saxe-Weimar ; le Maréchal de Horn le laissa prendre lui mê-me : Cratz, Hofkírchen, & plusieurs autres officiers rendirent les armes :huit mille Suédois relièrent fur le champ de bataille ; mais la poursuitefut plus meurtrière que le combat : l’impitoyable Jean de Wert ne fitquartier à aucun des vaincus, qu’il put atteindre; il en mafiàcra neuf mil-le, & depuis Nordlingue jusqu’à Uhn & Wurtemberg, tous les champs fu-rent jonchés de cadavres. Drapeaux, étendards, bagages, canons, toutdemeura au pouvoir des vainqueurs.
La Suabe & la Franconie se soumirent ; les Impériaux pénétrèrent jus-ques dans la haute Alsace; pour leur fermer l’entrée de la balle Alsace,les Suédois remirent Philipsbourg aux François (2): par ce traité, toutel’Alíace fut mise fous la protection du Roi de France, qui devoit particu.
CO Mcrc. Franc. (2) Rev. des traités dé paix par Léonard .