D’ALLEMAGNE. Liv. XXV. Se ct. XII. 507
tant de preuves, que ses yeux ne purent se fermer au jour de l’évidcnce;Walstein, Duc de Fridland, fut déclaré rebelle, déchu de tous fes titres,& mis au ban deTEmpire : on cacha quelque temps cet arrêt: malgré cesprécautions, celui ci aprit bientôt que la cour de Vienne étoit informéede fes desseins; il délibéroit fur le parti qu’il devoir prendre ; lorsque dansson camp même il se tram011 une conspiration contre lui, & les chefs desconjurés étoient ses créatures. (1) On commença par égorger plusieursde fes amis : ensin il fut lui même astàísiné. Ce crime n’avoit point étéordonné par l’Empereur; mais il en recueilloit le fruit; c’étoit assez pourqu’on rejettát fur lui toute l’horreur de cet attentat. Le Colonel Freiber-ger, Lieutenant du Duc de Fridland , saisit cette occasion pour raísemblertous les Siléíìens fous l’étendard de la révolte: „ telle est, difoit il, l'o-„ dieu se politique de la maison d’Autriche : elle ne paye les services„ qu’on lui rend, que par fes soupçons : tout mérite extraordinaire , lui„ fait ombrage. Walstein, Tertski , Kinski, Illo, Neuman ont expiré„ fous- le poignard : elle conduifoit les coups : un fort pareil attend tous„ ceux qui l’on t servie avec gloire. Bientôt les Autrichiens & les Efpa-„ gnols feront les maîtres de votre province: attendez vous que ces fuper-„ bes étrangers aient dans leurs mains les clefs de vos villes, pour les dé-,, fendre?” Ce peu de mots accrut l’indignation qu’avoit excitée le meur-tre du Général: tous résolurent de secouer le joug Autrichien; Freibergerouvrit la Silésie aux Suédois ; ils soumirent les principales villes. MaisFreiberger assiégé par les Autrichiens dans Troppaw, fut contraint de|ferendre: il demanda la liberté ; les Impériaux la lui promirent: & contrela foi du traité, ils le chargèrent de chaînes, persuadés que la sainteté desfermens n’oblige point envers un rebelle, & il fut conduit à Vienne: tan-dis qu’on lui failoit son procès, Frédéric Guillaume de Saxe, Duc d’Al-renbourg, pénétroit dans la Luface à la tête des Saxons. (2) D’Arnheim,h la tête d’un autre corps de troupes de la même nation, força les retran-chements des Impériaux, leur tua quatre mille hommes , leur prit trente-íìx drapeaux, vingt-sept cornettes , neuf pieces de canon, & tou* leursbagages. Les Suédois , non moins heureux , s’emparerent de Francfortfur 1 Oder; mais cette conquête étoit loin de les dédommager de la pertede Ratisbonne : cette ville, après avoir résisté quelque temps aux Autrichienscommandés par le Roi de Hongrie , avoir été forcée de capituler. Lesvainqueurs laissèrent aux Magistrats, & aux habitants de l’une & de l’autreReligion, leurs dignités, leurs biens, & leur liberté de conscience, quileur étoit plus chere que tout le reste. On ne fit aucune poursuite con-tre les habitants qui avoient fait alliance avec la Suede , & la garnisonobtint tous les honneurs de la guerre, qu’elle méritoit par son courage.
Jusques là les Suédois n’avoient point encore démenti cette haute répu-tation qu’ils avoient acquise fous le conduite du grand Gustave. Mais unesanglante défaite leur aprit bientôt qu’ils n’étoient plus invincibles. Ilsétoient commandés par le Maréchal de Horn, & secondés par des troupesSaxonnes que conduifoit le Duc de Saxe-Weimar ; les Impériaux aflìé-
(0 Lmtoiph. Puffend. Struv. Fer. 10. SeB. 9. £j> aliì, (r) Khevenhul. T. 12.
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Tfíst. d’ Al-lemagne ,1552-1648.
Soulevé-m rt enSilésie.