HISTOIRE DE L’EMPIRE
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Sect. XII.tìifi. d’Al-lemagne ,1558-1648-
Mort îleGulbriant.
Traité en-tre la Suédeb le Dan-nemarck.
T 644.
Cassanteprise parRagotski.
Situationfâcheuse del'arméeImpériale.
par ses conseils, il détermina les autres h agir. Le Comte de Guébriantfaisoit le siégé de Rothweil & cette ville, destinée à être le terme de sesconquêtes, devoir être aussi son tombeau : en visitant la tranchée, il reçutdans le bras, un coup de fauconneau, dont il fut mortellement blessé;mais, avant de mourir, il eut la consolation d’entrer en vainqueur dansRothweil.
Cependant, on attendoit avec impatience qu’on s’assemblât k Munster:toutes les cours de l’Europe , intéressées aux négociations de la paix,avoient nommé leurs Plénipotentiaires, & le temps de cette paix si ardemmentdesirée n’étoit pas encore venu. Sur ces entrefaites , Torstenson reçut unordre de la cour de Suede , de marcher vers le Holliein: Christiern, Roide Dannemarck, allarmé de cette irruption, s’en plaignit à Torstenson,comme d’une rupture de traités faits depuis peu avec la Suede; ce Géné-ral n’en continua pas moins pourtant le cours de ses conquêtes, dans laprovince de Jutland. Vainement la maison d’Autriche cherchoit les moyensde rendre les Danois irréconciliables avec les Suédois, la France, à qui laguerre entre ces deux couronnes, donnoit beaucoup d’inquiétude, prenoicdes mesures pour la terminer : la Thuillerie eut le bonheur d’y réussir, &fit un traité satisfaisant pour la Suede , onéreux pour les Danois, offensantpour l’Empereur; à qui l’on ôtoit toute espérance de retirer aucun avanta-ge de la rupture entre la cour de Stockholm & celle de Copenhague.
La France & la Suede n’étoient pas les seuls ennemis de la maisond’Autriche. Ragotski, Waivode de Transitante , qui jusques lh n’avoitpresque pas été connu, devint célébré, par la diversion qu’il fit en Hon-grie ; ìl se mit en campagne , à la tête de trente mille hommes, &s’empara de la plupart des places situées entre la ville de Casiòvie & celled’Epéries: l’Empereur, pour s’opposer k la rapidité des progrès de Ra-gotski, remit le commandement de ses troupes au Comte de Bouchain;ce Général entra en Hongrie avec huit mille Allemands ; il comptoit furun renfort de trente mille Hongrois, mais la difficulté que ceux - ci trouvèrentk fe rasièmbler , facilita la prise de Caisovie , dont le Waivode se renditmaître au mois de Mars 1644. L’armée du Comte de Bouchain étanttrop foible pour oser tenter quelque entreprise qui pût changer la situationde la Hongrie, l’Empereur en donna le commandement au Général Gòtz,qui força le Waivode k prendre le parti de la retraite. Le désordre reg-noit dans les troupes Impériales en Hongrie; l’armée de l’Empereur étoicencore en plus mauvais état dans la basse - Saxe : le Comte de Gallas sonGénéral,fuyoit devant les Suédois: Torstenson,qui le suivoit de près, nelui laisià que l’avantage d’un retranchement qui, en le mettant k l’abri del’attaque des Suédois, ne le garantit point de la disette qui commençoit kaffamer ses troupes. Gallas, qu’on ne pouvoit vaincre, mais qu’on pou-voit soumettre, ne pouvoit se retirer de sa situation, que l’épée k la main,ou en usant de stratagème : il prit ce dernier parti ; il détacha le ColonelDonep, & lui ordonna de marcher vers Eisleben: Donep partit de nuit:Torstenson ayant eu avis de cette marche, prit la meilleure partie de facavalerie , pour couper la retraite k ce détachement. Alors Gallas, voyantl’armée Suédoise sans cavalerie, crut l’occasion favorable pour décamper,
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