D'A L L E M A C N E.
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& le fie avec toute Ja diligence possible ; il arriva à Magdebourg; mais ffist. d’Al-l’infatiguable Torstenson le suivit de si près, qu’il le replongea dans l'ex- íenia S ne «trémité terrible dont il croyoit avoir seuvé ses troupes : la misere devint si ^8-1648.affreuse, qu’un grand nombre de soldats désertèrent, pour servir dans l'ar- '
mée Suédoise ; les autres, irrités contre Gallas, entreprirent de faire semerson logement par une mine qui, heureusement, fut découverte. Torsten-son qui tenoit les Autrichiens, comme assiégés, détacha une partie de sonarmée, pour continuer à les affamer, & partit, avec douze mille hommespour la Bohême. Gallas, à qui la ruse n’avoit point réussi , crut devoir ’
employer la force & eut enfin le bonheur de se sauver dans le Cercle deLeutmeritz.
Cependant Tannée Suédoise, plus formidable que jamais, marchoit versPrague , dans Tespérance de faire prisonnier TEmpereur qui y résidoit.
Ferdinand III se réfugia à Vienne; après avoir rassemblé tout ce qu’il pou-voit de troupes en Bohême. On voyoit dans les deux armées la même ar-deur pour combattre ; & aucune des deux ne vouloir quitter la bonté defa situation, pour attaquer l’ennemi : on prit enfin, de part & d’autre, larésolution d’en venir aux mains près de Janowitz : Tavantage paroiíîòit égaldes deux côtés, lorsque le Général Gôtz, s’étant trop avancé, fut tué d’uncoup de fusil, & cette perte des Impériaux, entraîna celle de la bataille; Mort daleur cavalerie battit en retraite du côté d’un ravin, qu’elle repasse à la faveurdécharges que faisoit le régiment de cuirassiers, commandé par le Colo- °nel Schiffer : cette vaillante troupe n’a jamais paru avec plus d’éclat quedans cette funeste journée ; exposée à un feu violent d’artillerie & de mous-queterie, qui la prenoit de front & en flanc , elle ne cesse de combattre,quoiqu’abandonnée de Tinfanterie & d’une partie de la cavalerie: elle re-vint plus de six fois à la charge , avec une intrépidité digne de fa réputa-tion: il fallut enfin céder à la valeur & au nombre des-Suédois, qui eurentune victoire complette & firent prisonniers le Comte de Hatzfeld, Mer-ci, Schiffer & plusieurs autres officiers du premier rang. (1) Torstenson,après avoir vaincu les Impériaux & s’être emparé de plusieurs villes, avoitrendu les Suédois maîtres du Danube du côté de la Moravie ; toutes lesplaces de cette province se rendoient avant que d’être attaquées ; c’étoitplutôt un voyage qu’une conquête. Brinn seul osa résister, Torstenson enfit le siégé & la terreur se répandit dans Vienne. L’Empereur humilié seretira à Ratisbonne; TImpératrice tremblante, ainsi que toute la Noblesse,se sauva en Stirie. On emporta tous les meubles & ce qu’il y avoit deplus précieux ; les bastions & les remparts qui tomboient en ruine, furentréparés; quelques vieux régimens se jetterent dans la place : on fit pren-dre les armes aux bourgeois & aux étudians: on remplit les magazins, &l’on se prépara à soutenir opiniâtrement un siégé , auquel Torstenson nepensoit point encore.
L’Electeur de Bavière effrayé des conquêtes que firent les François d’unautre côté, prenoit toutes ses mesures pour arrêter leurs progrès. Le Gé-néral Merci, Commandant des troupes Bavaroises, sachant que Turenne
(1) Puffendorf L. 17. Adlzr. P. 3. L. 30.
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