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HISTOIRE DE L’E M P I R E
Sect. XII. avoit choisi Mariendal pour y établir son quartier général, résolut d’allcrtíist. d AI- py attaquer, sans lui donner le temps de raflèmbler ses forces disperséeslema^n», âans les villes voisines. Turenne, qu’on ne surprenoit pas facilement, sit têtemìíL— à l’ennemi,eut même quelques avantages,mais fut obligé de se retirer. LeDuc d’Enghuien, que la Cour de France avoit envoyé en Allemagne, avec unrenfort de huit mille hommes, fit changer la face des affaires ; la batailleBataille de de Nordjingue est connue. Le Vicomte de Turenne, de son côté, pourNorilin- fi n j r i a campagne qu’il avoit si glorieusement commencée, entreprit de ré*gUi ‘ tablir l’Electeur de Trêves dans fes états : ce Prince, après avoir été pri-sonnier pendant dix ans, vint enfin reprendre possession de fa capitale, aumilieu des acclamations de fes sujets. Ce Prélat témoigna publiquementles grandes obligations qu’il avoit au Roi de France, son bienfaiteur (i).Prise de L’Electeur de Saxe, faisoît tous les jours de nouvelles pertes. Konigs-Líipfig par naarck, à la tête dune armée Suédoise, venoitde lui enlever Leipsig, ainsimarcs 1 * siue beaucoup d’autres places considérables: trop foible, pour s’oppofer àa ' la ruine entiere de fes états, il eut recours à la négociation; il fit une trêvede six mois avec le Général Suédois, dont un des principaux articles, étoitque Leipsig resteroit à la Suede, à qui la province de Misnie payeroittous les mois, une contribution de douze mille florins. Ce traité dépluth la maison d’Autriche, qui se fiattoit que les troupes Saxonnes causeroientune puisîànte diversion à se s ennemis. L'armée de Konigsmarck se joignantà celle de Torstenson, l’Empereur n’avoit point aífèz de troupes pour leurrésister; ce qui le contraignit de négocier avec Ragotski qui en occupoitune partie, & ce traité fut conclu à des conditions peu avantageuses à lamaison d’Autriche: le Waivode, qui avoitsçu profiter à propos de la situa-tion fâcheuse où se trouvoit l’Empèreur, montra plus d’habileté encore,lorfqu’en abandonnant fes alliés, il trouva le moyen de fe conserver leuramitié, comme une ressource contre l’Empereur, s’il manquoit à exécuterun des articles du traité.
Enfin la paix étant devenue néceflàire, même aux vainqueurs, Munsterfut choisi pour le Congrès ; lorsque la différence des Religions mit encoreun grand obstacle aux négociations; les Protestants ne pouvoient ignorerqu’on avoit dessein de les affaiblir, puisque c’étoit la un des principauxmotifs de la guerre, & les Suédois demandaht la sécularisation de plusieursévêchés dont ils prétendoient retenir les fiefs, la France étoit fort embar-rastee; car ayant fait des traités particuliers avec les Protestants, elle étoitobligée de les soutenir : de l’autre côté, elle craignoit qu’on ne I accusâtd’avoir abandonné les intérêts de l’église, & que la maison d’Autriche quitachoit de rendre cette Couronne odieuse, par fa liaison avec ceux qu’elleappelloit des hérétiques, ne continuât à la décrier, si elle appuyoit les pré-tentions des Suédois. L’intérêt de l’Empereur , quoiqu’il avoit reçu descoups trop violens de la main des Protestants pour les aimer, exigeoit ce-pendant qu’il détachât les Suédois de la France; dans cette vue, il aimamieux leur abandonner des abbayes & des évêchés, que de voir démem-brer quelques provinces de fes états héréditaires; ce ne fut donc que
Traité en-tre l'Em-pereur URagotski.
Congrès deMunjier.
(O V. notre ffljl. de France, Si 8 , F z. T. 31. p. 377.