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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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HISTOIRE DE L’E M P I R E

lemagne,J649-i?°5

Srcr.XlIl. point prononcé, & qu’enfin l’Empereur n’avoit point le droit de réglerHist. d r Al- í’ordre des délibérations. Tandis qu’on perdoit ainsi un temps précieux endisputes futiles, les Turcs s’emparoient de Neuhaui'el : les Electeurs de1 Mayence, de Saxe, de Brandebourg profitèrent de cette circonstance pourengager l'assemblée h s’occuper de la demande de l’Empereur : on. convintde faire marcher une armée en Hongrie, & l'on mit à exécuter cette résolu-tion autant de lenteur, qu’on avoit mis à la prendre; lorsque l'arméc parutsur les frontières de l’Empire, les Turcs étoient déja maîtres de toute lahaute Hongrie.

Le Roi de Léopold, mécontent & du Corps Germanique, qui montroit si peu deFrance en- ze le p OUr f es intérêts, & des Hongrois qui refusoient de recevoir des gar-’tniílchmn- r, ^ ons Allemandes dans leurs villes, s’adreflà aux Princes étrangers (i_). Lemes d'(lite Pape lui permit de lever une contribution fur les biens ecclésiastiques d’Au-ausecours triche & de Bohême: le Roi de Suede lui envoya quatorze cents horn-

dei'Empe - mes: Louis XIV (a) montra un zele encore plus actif pour la défense

d’une cause, qui lui étoit étrangère; il fit partir deux mille chevaux & qua-tre mille fantassins , fous les ordres du Comte de Coligny & du Marquisde la Feuillade : une foule de jeunes Seigneurs briguèrent la permission desuivre cette armée : c’étoit cet intérêt que les Puiflànces étrangères pre-

noient à la guerre de Hongrie qui íìt rougir les Princes de l’Empire de

leur indifférence; & les Princes de la Ligue du Rhin fournirent de nouvel-les troupes : la conduite de l'armée fut confiée au Prince de Bade & auComte Raiinond de Montccuculli: le Grand Vizir, après avoir ravagé laCroatie, s’avançoit à grandes'journées vers Vienne, lorsqu’il trouva lesImpériaux retranchés près du village de Saint-Godard fur les bords duRaab. Des deux côtés on vit bien qu’il falloit en venir aux mains; unjeune Turc impatient de se signaler fort de son rang, il s’avance monté furun cheval richement enharnaché, défie les Impériaux, & fait voltiger sonlabre fur fa tète pour appeller le plus brave d^ntr’eux à un combat singu-lier: le Chevalier de Lorraine part, l'attaque, iWbnd fur la poussière, amè-ne son cheval & revient au petit galop. Cependant les Turcs avoient at-taqué un passage défendu par les Hongrois: ceux-ci ne peuvent soutenir lechoc des Janisiàires; ils fe retirent en désordre; quelques fuyards courentvers Montccuculli : leur frayeur exagere le danger; tout ejì perdu , s’écrient-ils. Comment tout ejì perdu ì répond le Général, & je n ai point combattu !aussitôt il se jette au milieu des fuyards, les rallie, les ramene à la charge& chaste les Turcs du poste, dont ils s’étoient emparés; le Vizir résolud’enga^cr une action générale, fait palier le fleuve à ses troupes; les Impé-riaux s avancent h leur rencontre & font culbutés par la cavalerie Turque;alors les troupes Françoifes & des alliés du Rhin paraissent, & rétablissentle combat,' la victoire balançoit longtemps, mais enfin leur valeur la dé-fi^ conclut cide & le Vizir s'enfuit, laiflànt seize mille soldats fur le champ de bataille.*vtciaPor- Cette victoire offrait une belle occasion à l’Empereur de reconquérir lesde "vin* t Ve jàces que les Turcs lui avoient enlevées, quand Portia, qui craignoit de•r,s. à perdre l’empire qu’il avoit fur l’efprit de son maître, si la guerre durait

(t) Ricout Hist. dis Empereurs Turcs T. Z. ( 2 ) Mémoires Chrtnel. potírservirk t'Hist. Universelle de l'Europe, depuis l<5oo jusques en J 71 <5.

Bataillede 'Saint-Godard.

L'Empe-