D’A LLEMAGNE.. Liv. XXV. Sect. XIII. 545
Ducs de Lorraine & de Saxe & montoit à près de 40000 hommes. Le ///y?, d-^i.Maréchal de Turenne, qui voulue s’opposer à la jonction des Allies & des lemagne,Hollandois, ne fut pas aussi heureux que Tannée précédente; l’Evêque de *<549-1705.Wurtzbourg contre la promeílè qu’ií avoit faite au Vicomte, livra aux ' '
Impériaux le pont de fa capitale; le Général François trop foible pours’opposer aux alliés qui s’emparerent de Bonn, pénétra dans TElectorat deTreves & dans le Palatinat (1); son deílèin étoit d’intimider les deux Elec-teurs, dont Tamitié commençoit à chanceler , & qu’on accu soit d’avoirtraité secrètement avec les ennemis de la France. Cette conduite du Ma-réchal de Turenne, produisit un effet contraire à celui que Ton en atten- Démarchadoit: les deux Electeurs ne dissimulèrent plus leurs sentimens & portèrent de l'Empe-leurs plaintes au Chef de TEmpire. Léopold saisit cette occasion pour en- reur l’ ourgager la Dicte de Ratisbonne à fe déclarer contre le Roi de France ; il re- cfnf^cia.présenta que ce Prince, au mépris des promeílès les plus solemnelles, étoit maniqus àentré fur les terres de TEmpire ; qu’en fatiguant le Palatinat & en s’empa- /« déclarerrant de Treves le Roi de France montroit ailèz qu’il ne fe borneroit pas à c ^ ntre lala conquête de la Hollande & qu’il étoit temps de mettre un frein à son rance ‘ambition, dont TEmpire avoit tout à redouter.
Tandis que Léopold accufoit ainsi Louis XIV de manquer à fà parole, Enlèvementil violoit la sienne à Cologne, d’où le Prince Guillaume Egon de Furstem- du Princeberg,ministre de l’Electeur,fut enlevé; (2) TEmpereur le fit conduire à ‘jf Furjtem-Vienne, où il fut enfermé dans une étroite prison. On connoiííoit l’attache- ^'674.ment de ce Seigneur pour la France ; il avoit fait de la part du Roi desoffres si avantageuses au Corps Germanique, que la cour de Vienne avoittremblé de voir évanouir tous fes projets : l’Europe fut indignée de cetteaction, la maniéré dont la cour de Vienne la justifia, révolta encore da-vantage : mais Léopold cherchoit à irriter les esprits, bien plus qu’à lesappaiíer: quel que fût Tévénement de la guerre, il la souhaitoit ardem-ment; peut-être que son deílèin étoit d’affoiblir les Electeurs par uneguerre longue & immense, d’avoir occasion d’entretenir des troupes Autri-chiennes dans leurs provinces, & qu’il lui importoit peu de vaincre lesFrançois, pourvu qu’il ruinât sourdement les forces du Corps Germani-que. Une nouvelle insulte faite au Roi de France, assura le Conseil Au- Nouvelletrichien de la rupture des conférences pour la paix : des chariots couverts insulte faitedes livrées du Roi de France furent arrêtés dans les rues de Cologne (3), cilétien^'& 50000 écus que le Roi envoyoit à lès Ambaílàdeurs au congrès furent >rpillés. Dès - lors toutes les espérances de conciliation disparurent, LouisXIV rappella fes Ambaílàdeurs, le congrès fut dissous & Ton ne s’occupaplus de part & d’autre que de préparatifs de guerre. En un moment il Presqueíè fait une révolution générale dans TEmpire contre la France: les Ducs tous lesde Brunswick, le Landgrave de Heílè, les Electeurs de Mayence & de j^!f nce . s ^ e .Treves fe liguent avec TEmpereur; TElecteur de Brandebourg change de déclarent^parti avec la fortune; TElecteur Palatin qui nourrislbit un restèntiment in- contre laeffaçable contre la France, fut le plus ardent à fe déclarer, & remplit France.
(O Histoire du Vicomte de Turenne. (2) Londorp T. 10. p. 131. 139. La-guille Hift. d'Alface T. 2. (z) Mémoires de Dutaont T. 3.
Tme XL. Zzz