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HISTOIRE DE L’EMPIRE
1649 1705.
Sect.XIII. tre ses principales villes (i)aux Généraux de l’Empereur, lorfqu’on apperçutHijl. d'Al- les enseignes du Vicomte, qui avoit fait une marche forcée, au milieu delemagne, l’hiver , pour secourir ce Prélat & changer la face des affaires; il s’emparede tout ce qui appartenoit à l’Electeur de Brandebourg dans la Westphalie,poursuit les Impériaux, les harcelle, & les force à repaslèr le Weser: ilscrurent trouver un asyle dans l’Evêché de Hildesheim , Turenne les enchaste encore & les force à fe séparer. Les troupes de Léopold fe reti-reront en Franconie & de-là pasièrent en Bohême: celles de l’Electeureurent ordre de prendre leurs quartiers d'hiver dans la Principauté d’IIal-berstadt. Tel fut le terme de cette campagne célébré, où Turenne triom-pha fans combattre, & qui fut plus glorieuse pour ce Général & plus utile
clut un ac-commode-ment avecla cour cleFrance.
Turennefait unemarche for-cée pour fe-cc/urir l’E-oeèque deMunster.i6?Z.
repassent le P our la France, que ne feusièm été plusieurs victoires. Cette fuite con-u'eser U/« liante d’échecs & de revers produisit un effet bien différent & fur l’efpritséparent., de Léopold, & fur celui de l’Electeur de Brandebourg. L’Empereur irri-té que les François a voient pénétré jusque dans ses Etats héréditaires (2),publia un mandement Impérial, par lequel il ordonnoit aux officiers quiétoient au service de l’Evêque de Munster & de l’Archevêque de CologneL'Ele&eur de mettre bas les armes. L’Electeur de Brandebourg, au contraire, abatìâon-de Itranie. n a le parti des Hollandois, &, par le traité conclu à Saint - Germain lebourg, con- x g Avril, s’cngagca à ne prendre aucune part dans la guerre actuelle,pour-vu cependant que le Corps Germanique ne déclarât point la guerre à laFrance. Cette Puissance rendit à l’Electeur toutes les places fortes duduché de Cleves, dont elle s’étoit emparée, & même celles que les Hollan-dois retenoient depuis longtemps.
Cependant les Hollandois commençoient à respirer après tant de désas-tres ; l’Angleterre occupée de divisions intestines, ne donnoit plus à la Franceque de foibles secours; les Princes de l’Empire qui d’abord avoient mon-tré le plus de zele en faveur de cette Puissance, intimidés par les menacesde Léopold ne paroislòient pas disposés à continuer la guerre ; le Roi deSuede saisit cette circonstance pour proposer sa médiation : malgré les ref-sentimens secrets que la République & la cour de Vienne nourrislbientCongrès de contre ce Prince, fa proposition fut acceptée. Cologne fut le lieu indiquéCologne pour le congrès. Les Puissances intéressées y envoyerent leurs Plénipoten-d*T t ' a ' res ’ a P r ^ s avoir exigé de l’Empereur une assurance positive pour la neu-niTzí*. tralité de cette ville, & la sûreté des Ministres qui y traiteroient dè la paix.
L’ouverture des conférences fe fit avec la plus grande pompe: les bals,les fêtes fe succédèrent, & l’objet dont on s’occupa le moins fut celui,pour lequel on. s’étoit assemblé. Tandis que les délibérations traînoient enlongueur, le Roi de France faifoit de nouvelles conquêtes, Mastricht futemporté (3) ; les Hollandois n’eurent plus d’autre ressource que d’inonderleur pays: cette République ne put fe sauver qu’en mettant, ainsi qu'au-trefois celle d’Athênes, une immense étendue d’eau entre son vainqueur &elle ; son seul espoir étoit dans le secours que lui amenoit Montecuculli.L'armée Impériale avoit été grossie dans fa marche par les troupes des
Ducs
fi) Mémoires de Dumont T. 2. Histoire du Vicomte de Turenne.
(2} Mémoires de Dumont T, ■%. (3) Ibidem. Mémoires servant i l’Histoire de
l'Europe, depuis 1600 jusqu'en 171C.
paix gène •raie.