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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec r. XIIT. 547

pendus à des arbres par les pieds, & on les y a vol c laisse expirer. Les Hift.+M.soldats en voyant ce triste spectacle, fe livrent à tous les transports de leur lemagne,rage, ils maísecrent tout ce qui se présente,fans distinction,ni d’âge, ni de 1649-1705.'sexe; en un moment vingt-cinq villages & cinq villes, font la proye des * “‘~~

flammes. L’EIecteur du haut de son château de Manheim, voit cet hor-rible incendie, & le massacre de ses sujets: dans l’excès de son désespoiril envoie un cartel à Turenne; le Vicomte répondit modestement que savie n’étoit point à lui, mais à son Roi, & qu’il ne pouvoit accepter faproposition fans son consentement; & du reste, il excuse les cruautés qu’a-voient exercé ses soldats, fur celles que les habitans du Palatinat avoienccommises. Le récit de ces ravages sera toujours une tache à la gloire deTurenne: envain en a-t-on rejetté l’horreur fur Louvois; le Vicomte quiavoit assez de force pour gagner des batailles contre Tordre formel du Mi-nistre, devoir aussi en avoir assez pour lui résister lorsqu’il lui ordonnoitd’être cruel & impitoyable. Mais , ainsi que Ta dit un homme célé-bré (i), Turenne aimoit mieux être appellé le pere des soldats qui luiétoìent confiés , que des peuples qui, félon les loix de la guerre , font tou-jours sacrifiés.

Cependant Tannée du Duc de Bournonville & du Duc de Lorraine, avoitété grossie par les troupes de Zell, de Wolfenbutel , de Saxe, de Hesse,de Munster, de Cologne, de Treves, de Lunebourg, & de divers Cer-cles de TEmpire. Elle montoit à quarante mille hommes, & resloit dansl’inaction entre Francfort &Mayence;les Généraux, après avoir longtempsattendu TElecteur de Brandebourg qui s’avançoit à la tête de vingt-cinqmille hommes, paíserent le Rhin à Mayence. Le Duc de Lorraine tou-jours occupé de Tidée de reconquérir ses états, vouloit y faire une irrup-tion, à la tête de la cavalerie, tandis que le Duc de Bournonville s’oppo-scroit à Turenne avec Tinfanterie; TElecteur Palatin, qui voyoit avec pei-ne que les Allemands achevoient de ruiner son pays, proposòit de son cô-té de mener les troupes vers la haute Alsace: cet avis fut préféré. L'ar-mée Impériale repasse le Rhin, pour pénétrer dans l’Alsece, par le pontde Strasbourg. Les Magistrats voulant refuser le passege, la populacegagnée par les largesses des émissaires de TEmpereur se mutina & deman-da à grands cris qu’on livrât le pont aux alliés, & les Impériaux, maîtresdu pont de Strasbourg, détendirent depuis le Rhin jusqu’aux montagnesde Saverne. Jamais Turenne ne s’étoit vu dans une position plus facheu- Combatse ; il n’avoit que vingt - cinq mille hommes ; on en comptoit trente mil- d'Ensis-le dans le camp des alliés, où Ton en attendoit encore vingt mille qui s’a- ?à.vançoient sous la conduite de TElecteur de Brandebourg: la disette quiregnoit dans le camp des François , faisoit sentir, mieux que tout le res-te, la nécessité de prévenir cette jonction. Turenne crut qu’il falloit ba-zarder une bataille ; il marcha droit aux Impériaux, & les attaqua prèsd’Ensisheim (2): avant d’engager une action générale, il crut nécesseired’emporter un poste où les Impériaux s’étoient retranchés à l'extrêmité

(1) Siecle de Louis XIV, par M. de Voltaire, Chap. ir.

(2) Ramsay 1 HJI, du Vicomte de Turenne, T. 2. Mém, de M . D , L. F.

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