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HISTOIRE DE I/EMPIRE
Sect.XIII. d’un petit bois; de cette conquête, légere en apparence, dépendoit selonHi[l. d’AI- lui le fort de la bataille, & il ne se tro npoit point. Le Duc de Boufflersfuc chir S é de cette attaque; deux fois vainqueur & deux fois repouiîë,
___! soutenu enlìn par des troupes fraîches, il fe rendit maître du polie & de
douze pieces de canon qui le déscndoient. Turenne avoit été obligé dedégarnir le centre de son armée pour porter du secours aux assaillans; lesImpériaux s’en étoient apperçus, ils le précipitèrent fur la ligne qui étoitdégarnie, & la rompirent: le Vicomte, avec ce sang froid qui ne l'aban-donnajamais, rétablit Tordre, & repouílà les Impériaux: la nuit terminale combat fans que la victoire fut entièrement décidée ; niais les Impériaux enL’Eleìteur cédèrent l’honneur au Vicomte, & pendant la nuit abandonnèrent le champdu Brande- de bataille couvert de trois mille Autrichiens morts ou mourans; ils mirent la
il prit ses quartiers, forçant les Impériaux à quitter les leurs ; il fit ensuitequelques excursions, & rencontrant six mille cavaliers Allemands près deCombat de Muhlhausen, il les tailla en pieces. Le combat de Turckheim ne fut pasTurckhdm. moins fatal aux armes Impériales ; il fallut aller chercher des quartiers au de-là du Rhin ; & l'armée qui étoit composée de cinquante mille hommes,ruinée en détail par ces combats, fe trouva diminuée de moitié.i675> Tandis que le Vicomte triomphoit utilement en Alsace, le Prince deCondé eut avec les Hollandois l’inutile bataille de Senef; ces Républicainsdemanderent la paix; & par l'orgueil de Louis XIV, toutes leurs propo-sitions furent rejettées: enRoméranie, les Suédois avoient conquis une par-tie de cette province (i). L'Electeur de Brandebourg étant alors occu-pé vers le Rhin, pour le salut de l'Empire, la Diete de Ratisbonne neput lui refuser la garantie de ses états: vainç assurance qui ne diisipa pointses allarmes; il connoiílòit la lenteur des opérations de la Diete; & leL'EleBeur péril étoit pressant : les Suédois s’étoient divisés en plusieurs corps; il étoitde Brande - aisé de les ruiner en détail ; l’Elesteur accourut , & ils le virent paroître aubmr £ s“ r ’ -moment où ils le croyoient encore en Alsace ; il s’étoit fortifié par quel-en < l ues alliances, & plusieurs Princes d’Allemagne lui avoient fourni des trou-piecesl’ar • pes; ses défaites l’avoient instruit, & les victoires de Turenne étoient au-mét Suidui- tant de leçons pour lui, comment on cache la marche d’une armée, com-ment on don me le change à son ennemi, comment, dans une marche for-cée, on ranime les forces du soldat abattu: il tomba fur les Suédois prèsde Fehrberlin; la sécurité de ceux-ci étoit si profonde, qu’ils n’avoientpas pris les précautions ordinaires, qu’on prend, même loin de l’ennemi rpour mettre un camp à l’abri de toute insulte. .Cette confiance leur coûtacher; l'EIecteur croyant que le succès dépendoit de l’activité, & que lamarche lente de l'infanterie, donneroit aux Suédois le temps de voir le pé-ril & de s’en garantir; il commença l'attaque avec fa seule cavalerie: ellelui suffit pour les vaincre ; leur déroute fut entiere, & les restes de leur ar-mée , toujours harcelés, furent poursuivis jusqu’en Poméranie. Cette vie-
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£0 Mémoires >de Dumoflt T. Z,