D’ A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec t. Xils. 553
pasíàges dans ses Etats, pour établir des communications entre les frontiè-res de France & l'Alface; on lui donnoic Toul en échange de Nancy, &une prévôté en échange de celle de Longwy ; enfin on lui tetui'oic larestitution de Marsal : il est certain que ces échanges étoient disproportion-nés, & que les communications entre la France & l'AIface dévoient allar-mer & le Duc de Lorraine & l’Empereur lui-même: celui-ci demandoitencore, que les villes d’Alface rentrafiènt dans cous leurs droits, & qu’el-les fustcnc remises dans Fécat, où elles étoient avant la guerre.
Quanc au Duc de Lorraine, il ne pouvoic consentir à perdre le Duchéde Bar; il étoit prêt à souscrire à la perte de Nancy, pourvu que les autresconditions fuííènc moins dures; Louis XIV étoit inexorable & déclara,que, si les conditions qu’il imposoit à l'Alface & à la Lorraine, n’étoientacceptées dans toute leur étendue, il alloit rappelles fes ministres & re-commencer la guerre; il menaçoic de profiter alors de tous les avantagesque la victoire pourroit lui donner, & d'impofer les conditions les plusrigoureuses : il fallut recevoir la loi, quelque dure qu’elle fût, de peurd’êcre forcé d’en recevoir de plus dures encore. Le traité fut enfin signé parles ministres de Léopold: on ne portoic aucune atteinte au Traité de West-phalie: le Roi de France renonçoit au droit de protection & de garnisonperpétuelle dans la ville de Philipsbourg : Léopold renonçoit de même àíès droits fur Fribourg & fur les trois villages qui en dépendent : le paílà-ge fur les terres de l’Empire étoit ouvert aux François depuis Brilac jus-qu a Fribourg. Louis XIV rétablisiòit le Duc de Lorraine dans fes états,mais il gardoit Nancy, la prévôté de Longwy, & quatre chemins, quicommuniquoient de Nancy à Saint Dizier, à l'Alface, à la Franche - Com-té & à Metz; il cédoit à Charles la ville de Toul, comme il l’avoit pro-mis. On rétablisiòit dans tous leurs états , biens, & dignités les troisPrinces de Furstemberg , & tous leurs ofiìciers. Quant aux Princes quirefusoient de ratifier le traité , parce qu’ils ne vouloient pas perdre lesconquêtes qu’ils avoient faites fur la Suede, & qui leur avoient coûté tantde íàng, (c’étoient le Roi de Dannemarck, l'Electeur de Brandebourg,l’Evêque de Munster, les Princes de la maison de Lunebourg, l’fivêqued’Osnabrug, les Ducs de Zell & de Wolfenbutel,) l’Empereur & le Roide France offroient leur médiation pour Jeur accommodement avec la courde Stockholm: mais, si la paix étoit impraticable, l’Empereur promettoiten son nom, & au nom des Etats qui étoient dans fa dépendance, de gar-der la plus exacte neutralité ; le Roi de France se chargeoit de les forcerpar les armes à conclure-la paix; & pour lui laisser les pasluges libres, onfouffroit qu’il retînt plusieurs places jusqu’à la fin de cette guerre : le Roide Suede fit de même fa paix avec Léopold, & le traité fut encore calquéfur celui de Westphalie. La fierté du Duc de Lorraine fut indignée desconditions qu’on lui imposoit, il accufoit l’Empereur d’ingratitude, & fer-moir les yeux fur la nécessité qui avoit forcé ce Monarque à faire le sacri-fice des intérêts de son allié; il refusa de signer le traité, résolu de pe»dre tout, ou de tout reconquérir. Le Pape fit aussi fes protestations, ilne pouvoic lire qu’avec des yeux courroucés un traité, dont la base étoitcelui de Westphalie, qui accordoit tant d’avantages aux Protestans,
Tome XL. A a a a
IVst. d’AI-lemagne,1649 1705.