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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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558 H I S T O I R E D E LE M P I R E

Sect.XIII. le Roi Très-Chrétien, croyoit ne consulter que sa propre haine contreiiist. dAI- i es Autrichiens, en servant les projets de Louis XIV. Une armée dei649 S i7cV deux cens mille Turcs » trouva la Hongrie ouverte & soumise, pénétra en

_Autriche, & parut sous les murs de Vienne, après avoir battu plusieurs

Siégé de fois les troupes Impériales, qui vouloient arrêter fa marche triomphante.

^ L'Empereur étoit déja sorti de fa capitale; elle fut bientôt invertie: lees ures . p) uc L orra j ne , trop foible pour attaquer une si grande armée, courutà Presbourg, sempara de cette ville, & remporta fur les rebelles unevictoire complette (i).

Ce Prince revint ensuite, & pour troubler les opérations du siégé de Vien-ne, & pour empêcher la jonction des Hongrois & des Turcs (2) ; mais,malgré toute son activité, Tékeli vint grossir de ses troupes une armée quinavoitpas besoin de lêtre. Le siégé & la défense continuoient avec une ar-deur égale : les murs étoient réparés presque aussitôt quabattus ; des sorties vi-goureuses portoient lallarme dans le camp; des attaques imprévues jettoientle trouble dans la ville; dans le camp des Turcs, on doutoit du succès dusiège, dans la ville on doutoit du succès de la défense ; tous les doutes séva-nouirent, lorsque Sobieski parut. Le Monarque Polonois avoit déja écraséplusieurs fois les forces Ottomannes ; cétoit aux victoires quil avoit rem-portées fur eux, quil devoit fa Couronne: le Duc de Lorraine, ainsi queles Electeurs de Saxe & de Bavière avec leurs troupes, & le Prince deWaldeck avec celles des Cercles, fe joignirent à lui, & lon marcha droitaux Turcs. Charles occupa la gauche vers le Danube; lElecteur de Saxesétoit placé à la droite des Autrichiens, & celui de Bavière, à la droitedes Saxons; Sobieski étoit au centre de farinée Polonoife. Les Chré-tiens sétoient rendus maîtres des hauteurs de Schalenberg; une batterie éle-levée h lextrêmité dun bois foudroyoit les Turcs; les escarmouches durè-rent plusieurs jours; & le Duc de Lorraine tailla en pieces un corps deJanislàires, qui venoit fe joindre aux assiégeans. On en vint enfin à uneaction décisive; les Turcs, las dêtre exposés au feu des assiégés, à celuides Polonois, sortirent de leurs lignes, &, sétendant depuis les monta-gnes jufquau Danube, fe rangerent en bataille ; lartillerie Polonoife por-te le désordre dans leurs rangs ; au moment lon veut les rétablir, uncorps de hussards vient les rompre de nouveau ; bientôt toute larméeChrétienne fait une attaque générale-; Sobieski à la tête de fes soldats, ob-serve, commande, & combat tout à la fois: les Turcs reculent, mais ilsne fuient pas encore; le Duc de Lorraine pénétré dans leur camp; dèslors le carnage fut affreux, & cependant la victoire ne fut point encoreentièrement décidée avant la nuit. Les Chrétiens fe préparoient à lache-ver le lendemain, lorsque le Vizir Kara Mustapha ne leur en laisià pas letemps, & senfuit avec son armée, abandonnant son artillerie , le GrandEtendard de lEmpire Ottoman, & tous fes équipages. Au bruit de cettevictoire Léopold accourut: il eut été plus digne de fa grandeur de com-battre lui-même & de partager les périls de ses alliés, mais peut-être quil

(r) Ubi supr. L. 8. & Hifl. des Guerres de Hongrie, Tome 2.

(2) Puffendorf lier. Brand. L. 18. Fie de Tekel. Théatr, Europ. Volchem. Diortifld. Vienne:. Hifl. de js. Sobieski .