D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec t. XIII. 559
ne le fie pas, parce qu’apparemment Sobieski auroit refusé de se soumettre Wft. d 1 AI.Lux déférences qu’il croyoit lui appartenir comme Empereur; du moins leiìiagre,les deux Monarques désirant de se voir alors, Léopold íè rendit fort difficile l6+9 ‘ 1 ' 0 5 -fur la maniéré, dont il recevroit & rendroit le salut. Sobieski fut indignéde voir que l’Empereur fit une difficulté /ur l’étiquette à celui qui lui avoitconservé ses états; & le Duc de Lorraine qui sentit toute l’injustice de laconduite de Léopold, en étant consulté sur la maniéré dont il recevroitSobieski, lui dit: à bras ouverts , il a sauvé l'Empire. Enfin, loríqu’unSeigneur Polonois s’avança pour baiser la botte de l’Empereur: Palatin ,point de bassesse , lui dit le Roi Soldat; & il tourna bride: ainsi les deuxMonarques íè séparèrent fort mécontents l’un de l’autre; mais le Roi dePologne avoit fur PEmperèur l'avantage que donnent de grands services; &
Léopold oublia qu’on ne se dégrade jamais, en ne mettant point de bornesà fa reconnoiíTance. Sobieski plus magnanime ne se laílòic point pour celad’être utile, & d’obliger un Prince, en secret jaloux de son bienfaiteur:il prit Strigonie & d’autres places & termina ainsi la campagne.
La guerre s’étoit rallumée entre la France & l'Espagne au sujet du ter-ritoire d’Alost, dont Louis XIV s’étoit emparé,»en venu du traité de Ni-megue: l’incendie se propagea dans le Nord; & le Roi de Dannemarckfier de l’appui de la cour de Versailles renouvella la persécution, qu’il avoitdéjà fait éprouver au Duc de Holstein-Gottorp. Christiern réunit le Schles-wic Ducal à fa couronne; le Duc, trop peu secouru par la Suede, s’en-fuit encore à Hambourg. Le succès de cette usurpation invite le PrinceDanois à en tenter d’autres ; il prétend que Louis XIV lui a cédé ses chi-mériques droits fur la seigneurie de Jeveren , & en chaílè le Prince d’An-halt-Zerbst, à qui ce territoire étoit échu dans la succession d’Oldembourg.
D’un autre côté, Je Maréchal de Créqui s’étoit rendu maître de la for- 1(534.
teresse de Luxembourg; (1) dès cet instant le Roi de France se crut Ducde Luxembourg, & voulut user de tous les droits dont ses prédéceíîèursavoient joui; tel étoit celui d’avouerie fur Treves; en vertu de ce droit i]ordonna qu’on démolit les fortifications de cette place : jamais la féodalitén’eut des conséquences plus funestes, ne fit naître des abus plus grands/que dans ce temps malheureux, où la chambre de Metz attaquoit, anéan-tislbít les propriétés, & donnoit à des peuples paisibles, & éloignés desfrontières de la France, un nouveau maître & de nouvelles loix. La Hol-lande, que le voisinage des armées Françoise & Espagnole , inquiétois, seligua avec la France, pour faire terminer à l’amiable tous les différends,qui avoient allumé la guerre entre les deux Couronnes: Léopold, à peinerevenu de la frayeur que les Turcs lui avoient causée Tannée précédente,encore inquiet sur le sort de la Hongrie, ne songeoit plus à prendre les ar-mes contre la France; il applaudit à cette négociation: & l’Espagne dé-nuée des secours qu’elle attendoit de l’Autriche, céda à Louis XIV la villede Luxembourg, le comté de Beaumont, & la Principauté de Chimay; lacour de France lui restitua tout ce qú’elle lui avoit enlevé depuis le 20Août 1683 , soit par la force des armes, soit par les jugemens de la Cham- Trêve debre des réunions. Léopold, malgré le chagrin que lui donnoient ces vin ‘* t anU
( 1 ) Hist. de Lms XIV,