D'A L L E M A C N E. Liv. XXV. Sect. XIII. 563
nat. Son armée pasta le Rhin; (1) elle annonça son entrée en Allemagne Uìst d’Al-par la conquête de Keiserslaucer & d’autres places : Heilbron se rendit prés- lemagne.que sans résistance: Augsbourg ne se racheta que par une forte contribu- 1649-1705.tion; presque toute la Suabe fut désolée: l’Electorat de Mayence fut ex- ' "—
posé aux mêmes ravages; une autre armée qui y pénétra, soumit la capi- rtaie, s’empara d’Heidelberg, de tout le Palatinat & dans toutes ces villes des^Fran-répara les fortifications; travaux, dont les Allemands profitèrent dans la pois cn Ahfuite: le but de ces opérations militaires étoic de fermer aux Alliés l’entrée le,,lû & ne ’de la Haute Alsace, & d’critreprendre ensuite le siégé de Philipsbour' 1- ,dont la conquête devoit, beaucoup mieux encore, garantir cette province:la saison étoit avancée, il étoit à craindre qu’on ne fût forcé, ou à leverle siégé, ou à le changer en blocus; mais le Dauphin étoit à la tête del’armée; le Duc de Bourbon, le Prince de Conty, & le Duc du Mainel’accompagnoient, & les François , commandés par leurs maîtres , nevoyoient rien d’impossible ; en este t Philipsbourg, défendu par une garnisonnombreuse, par des fortifications solides, rempli de munitions de guerre& de bouche, se rendit après dix-neuf jours de tranchée ouverte.
Après tant de conquêtes Louis XIV crut que Léopold, devenu plusmodeste, écouteroit des propositions de paix; il offroit la restitution detoutes les villes qu’il venoit de prendre, pourvu que le Cardinal de Fur-stemberg fût mis en poste filon de l’Electorat de Cologne, & que la trêvefût convertie en une paix perpétuelle : ces conditions furent rejettées avechauteur &.le Dauphin poursuivit ses conquêtes, se rendit maître de Man-heim & de Frankendal, sur lesquels la Duchestè d’Orléans avoir des pré-tentions; il soumit Oppenheim, Spire, Treves, Worms, &c. & porta laterreur jusques dans le centre de l’Allemagne. Le Marquis de Louvoisavoir dirigé cette campagne, fatale à l’Empire, peu utile à la France, &qui facilita à Guillaume, Prince d’Orange, les moyens de détrôner Jac-ques II son beau pere, le seul ami qui restât à Louis XIV dans l’Europe:la cour de France auroit peut-être prévenu cette révolution , en em-ployant contre la Hollande, les forces qu’on occupa à faire ailleurs desconquêtes qu’il fallut restituer. Le nouveau Roi ne tarda pas à fe liguercontre Louis XIV avec la République, à laquelle il devoit son élévation: 153^ces deux Puistànces s’engagerent à faire tous leurs efforts pour placer lacouronne d’Espagne sur la tête d’un Archiduc, dans le cas où Charles IImourroit fans postérité, à accélérer,, autant qu’il seroit possible, sélection
d’un Roi des Romains, & à réunir les suffrages des Electeurs en faveur
du Roi de Hongrie. On remarquoit dans ce traité autant de haine contrela France, que de zele pour la maison d’Autriche, & il faut convenir quela cour de Versailles, dirigée par des prêtres, & par un ministre féroce,s’étoit rendue odieuse à toute l’Europe; les François même avoient blâméhautement la docile cruauté de Turenne, qui pour plaire k Louvois avoir incendiesravagé le Palatinat ; mais le Ministre qui n’entendoit pas les murmures de da is le Feu
fa conscience, entendit moins encore ceux de la nation; un nouvel ordre, ^'àr.
plus affreux que le premier, fut envoyé aux Généraux qui commandoient
(1) Journ. Eist. de Louis XIF. Mèm, Citron, pour servir à ì'Eist. de l’Europe.
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