5 62 HISTOIRE DE L’ÈMPIRE
Sect.XIII. bientôt; le Duc d’Orléans ne ceíToit point de réclamer au nom de la Du-ttiji. d - AI- chelìè, son épouse, les terres Allodiales de la succession de Charles Louis;Icna ’ie,^ les Principautés de Simmeren,de Lauteren, le Comté de Sponheim étoienti549- i 7o>- p urtout les objets de son ambition; il demandoit encore d’autres villes,d’autres seigneuries, & ce Prince sembloic vouloir former une nouvellePrétentions Chambre des réunions, qui alloic encore démembrer PEmpire. L’Electeurl r ^rn représenta à l’Empereur, au College Electoral, & à tous les Etats, queulnsrenoii- la cause étoit la cause commune; que la Couronne de France ne tarderoicvellées fur pas h s’approprier, tout ce qu’il céderoit au Duc d’Orléans; que PEmpire,laJucceJfion après avoir perdu l’Aliàce, perdroit encore une partie du Pulatinat ; que laPalatine, molesse honteuse avec laquelle on écoutoit les demandes de la Cour deFrance, l’enhardiroit à en faire de plus injustes, & qu’après lui avoir ac-cordé tant de poslèssions qui ne lui étoient pas dues, il ne seroit plus tempsde mettre un terme à son ambition. Le Prince d’Orange, Stadhouder de laHollande,appuyoit ces raisons, & ne cherchoit que des alliés pour accablerLouis XIV: enfin la conspiration devint générale, PEmpereur, le Roid’Espagne, le Roi de Suede, la République de Hollande, les Electeursde Saxe & de Bavière, les Cercles de Suabe, de Franconie, de HauteSaxe, & de Bavière, PElecteur Palatin, celui de Brandebourg, & le Cer-cle du Haut Rhin se liguèrent h Augsbourg pour faire observer, dans touteleur étendue, les Traités de Munster, de lNimegue, & de Ratisbonne, &en peu de temps soixante mille hommes furent rasièmblés fous les ordres1687. de PElecteur de Bavière. Louis XIV parut mépriser ces préparatifs; ac-coutumé à vaincre ^ il sembloit même dédaigner de combattre; il faisoitfortifier PAlsace & bornoit là tous ses foins pour la guerre qui alloit écla-ter: telle étoit aussi ia confiance du Ministère Autrichien, qu’il refusa lapaix aux Turcs qui la demandoient; la prise de Bude, P humiliation desHongrois qui avoient reconnu la puissance absolue de Léopold, & le droitd’hérédité de la maison d’Autriche, lui inspiraient cet orgueil. L’ArchiducJoseph, fils de PEmpereur', fut couronné Roi de Hongrie à Page de neuíans; ces succès étonnèrent la cour de France; elle fit proposer à PEmpe-reur de convertir la trêve de vingt ans en une paix perpétuelle, & elleessuya un refus: Léopold que la victoire de Mohatz, & la conquête del’Efclavonie, rendoient aussi vain que Louis XIV, trairait les Puissmcesavec hauteur: il ne voulut point accorder au Czar le titre de Majesté qued’autres couronnes étoient disposées à lui déférer: il ne pouvoit le lui dé-cerner fans le consentement des Electeurs: tel fut son prétexte.
Cependant la trêve de Ratisbonne n’étoit point encore rompue ; on femenaçoit, on annoit, & on restoit tranquille : enfin les intrigues du Paped’enlever au Cardinal de Furstembergyle titre de Coadjuteur de Parchevechéde Cologne, pour en revêtir le Prince Clément de Bavière, Evêque de Ra-tisbonne , la joie indécente que PAllemagne en fit éclater & les démarchesque PEmpire avoit faites pour légitimer cette élection illégale, irritèrentLa guerre tellement Louis XIV, qu’il déclara la guerre; il fe plaignoit encore de ceejt déclarée, qu’on avoit formé à Augsbourg une confédération contraire à ses intérêts,1688. de ce qu’on refusoit de changer la trêve en une paix permanente, enfinde ce que l’on contestoic à la Duchesse d’Orléans les droits fur le Palati-