D’A L L E M A G N F, Liv. XXV. Sect. Xlll. z6Z
furent leur partage: quant à la maison d’Anhalt, elle se borna à de vainesprotestations, & ne recueillit de cette 1 immense succession, que le frivolehonneur d’ajouter à ses armes, celles de Lawenbourg.
Léopold avoit fait dans cette affaire un estai de fa puistànce : certain dusuccès, il ne balança plus à proposer sélection du Roi des Romains. L’Ar-chiduc Joseph, Roi de Hongrie, fut élu, comme son pere le déíìroit; iln’étoic encore que dans fa douzième année : un des articles de íà Capitula-tion fut, que , si l’Empereur mouroit avant que ce Prince eut atteintl’âge de dix-huit ans, le timon de l’Etat scroit remis dans les mains desVicaires de PEmpire. (i) Les colleges inférieurs n’avoient point été con-sultés fur ces dispositions: ils protestèrent; mais leurs protestations furentrejettées. La maison d'Autriche venoit d’acquérir un nouvel Allié. C’é-toit le Duc de Savoie, qui avoit toujours aimé les François, & dont leshauteurs du Ministre leur firent un ennemi; la cour de Vienne le traitad’Altestè Royale, titre que lui refusoit la fierté de Pouvois; c’en fut aílezpour l’attirer au parti Autrichien : mais, si d’un côté Léopold gagnoit unallié, de l'autre il perdoit un véritable ami , trésor bien précieux pour lesRois, que toute leur puistànce ne peut leur procurer, & que toutes leursrichesses ne pourroient payer. (2) Une mort prématurée enleva Charles VDuc de Lorraine : touc PEmpire le regretta, les Princes Autrichiens lepleurèrent, & Louis XIV qui louoit rarement, dit en aprenant íà mort:„ c’est une perte pour PEmpire , & même pour le genre humain : la„ moindre qualité de Charles étoit d’être Prince: c’étoit le plus grand,„ le plus sage, & le plus généreux de mes ennemis.” Dans ses derniersmomens il écrivit à PEmpereur ce peu de mots : ,, Sacrée Majesté, je„ serois parti d’Inspruck pour aller recevoir vos ordres : mais un plus grand,, maître m'appel le; je parts pour aller lui rendre compte d’une vie, que„ je vous avois consacrée ; je vous supplie de vous souvenir que je laisse„ une femme qui vous appartient d’atïèz près, des enfans fans biens, &„ des sujets opprimés. ” II JaiíTbir quatre fils; Léopold I, que le traitéde Ryswic rétablit dans son Duché; Charles Joseph, qui parvint à l’Ëlec-torat de Treves; Joseph Innocent, qui mourut sur un champ de bataille,& Antoine Joseph, Abbé de S ta vélo. La mort de ce héros sembloit avoirabattu le courage des Impériaux: les Electeurs de Saxe & de Bavière, quipouvoient conquérir la Franche Comté, ne firent que l’inquiéter. Luxem-bourg triompha des Alliés à Fleurus, Catinat battit le Duc de Savoie àStaffarde, les Turcs taillèrent en pieces les Impériaux dans plusieurs com-bats; mais l’année suivante le Prince de Bade effaça par la victoire de Sa-lankemen la honte de ces défaites. Le Roi d’Espagne , dont les trou-pes avoient reçu un nouvel échec dans les Pays - bas, se vit contraint deconfier le gouvernement & la défense de ces provinces à l'Electeur de Ba-vière , qui avoit épousé íà niece.
Louis XIV sentoit combien avoit été fatale à ses intérêts, la conduitedure & hautaine du Ministre qu’il venoit de perdre ; la mort de Louvoislui Iaiffoit la liberté d’agir d’après l’impuìíîon de son cœur honnête ; il cher-
Hijt. d’Al-lemagne ,1649-1705-
Archi-duc J’Je.phefl eut Roides Ro-mains.
1690.
1691°
(O Struv, Per» 10. &S. n.
( 2 ) Vie du Duc ds Lorraine,
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