D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec t. XIII. 5 ( >7
ainsi sa liberté, avoir-il le droit de captiver celle de ses descendans? Ce n;fl. 6^1.n’est pas cependant le seul exemple d’un pareil engagement qu’offre 1 lus- leingne,toire du Corps Germanique. Enfin l’Empercur en proposant la création ^>9-1705.du neuvième Electorat, n'éprouva aucune réíiílance de la part des Elec-teurs de Mayence, de Bavière, de Saxe, & de Brandebourg ; mais l'E-lecteur Palatin, ceux deTreves, & de Cologne se récrièrent contre cettenouveauté; elle donnoit de la prépondérance au parti Protestant, & rom-poit l’équilibre de l’Empire ; d’ailleurs ce projet avoit été formé fans leurparticipation: ainsi, au motif du bien général, fe joignoit celui de leursdroits violés, ou, si l’on veut, de leur vanité offensée. Les Princes ap-plaudirent h cette réclamation; ils prétendoient aussi, qu’on ne pouvoit,fans leur aveu, rien changer à la constitution de l’Empire; on avoit pro-testé d’avance contre tout ce que Léopold feroit pour assurer l’exécutionde son dessein. D’un autre côté, le Duc de Wolfenbuttel, se plaignoit dece qu’on élevoit la branche cadette de íà maison, au préjudice de la bran-che aînée. Le Duc de Wurtemberg, Grand Guidon de l’Empire, fut offen-sé du titre de Grand Banneret, dont le nouvel Electeur alioit être revêtu.
Malgré tous ces obstacles, Léopold, qui vouloir établir fa puissance abso-lue dans l’Empire, comme il savoir fait reconnoître en Hongrie, investitdu neuvieme Electorat les Ministres plénipotentiaires du Duc de Lune-bourg-Hanovre, & prétendit, que cette création importoit au salut del’Empire, qui avoit besoin de s’attacher fes membres par de nouvelles fa-veurs, pour les animer tous contre Louis XIV, leur ennemi commun (1).
On ne réussit qu’à les animer contre la maison d’Autriche & contre le n ou- ^ ^
vel Electeur: une ligue particulière se forma pour anéantir cet Electorat àpeine créé; elle étoit composée des Evêques de Bamberg, de Wurtz-bourg, d’Eichstadt, & de Ilildesheim, des Ducs de Saxe-Gotha, de Saxe-Cobourg,de Brunswick-Wolfenbuttel& de Mccklenbourg,du Roi deDan-nemarck en qualité de Duc de Holstein-Gluckstadt, du Landgrave de Hes-se-Castel, & d es Margraves de Brandebourg-Culmbach, & de Bade-Ba-de ; tous ces Confédérés prirent le titre de Princes correfpondans. La courde France ("ourioic à ces débats; elle les échauffoit par des émissaires se-crets , & se préparoit à profiler de la mésintelligence du Corps Germa-nique. On pressentit à Vienne ces menées dangereuses ; & Léopold dé- Léopoldclara , qu’il fufpendoit l’eflét de l’invesliture, jusqu’à ce qu’elle eut été ap- Mt >end l \ e f’prouvée par l’Empire; l’Elccteur lui - même, par une abdication volontai- f e117>mre & conditionnelle, renonça h sa dignité, jusqu’à ce que cette formalité ^ tture ’fut remplie: ainsi la Ligue parut dissipée & le calme rétabli dans l’intérieurde l’Aliemagne. Les François firent peu de progrès dans cette contrée,parce qu’une armée, avantageusement située, sagement commandée, fansbazarder aucune action , fe contenta de leur fermer le passage. Louis XIVoffrit la paix, & proposa de s’en rapporter au jugement de la Républiquede Venise fur l’affaìre des réunions; mais il ne fut point écouté: le calmeregnoit dans l’Empire, & tant que le Corps Germanique étoit en paixavec lui - même, il fe croyoit invincible ; peu s’en falloit cependant que
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