HISTOIRE DE L’E M PIRE
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Infiiilitèáes Elec-
SzctXIII. gagné par les promesses de ce Prince, y consentit (1): s Angleterre, laHi[i. d’Al- Hollande, la Pologne, la Suede, le Dannemarck, la Ruflie, toutes ces Puis-1649^1705. fâes intéressées h lc ménager, lui déférèrent le titre de Majesté.---! Enfin les Etats d’Allemagne, ces mêmes Etats, qui s’oppoloient à la créa-tion d’un Eìcctorat, approuvèrent réfection d’un Royaume. La France& l’Espagne ne voulurent point reconnoître le nouveau Roi. Le Papemontra plus de véhémence ; il prétendoit que le droit de créer des Royau-mes n’appartenoit qu’à lui. Quant à l’Ordre Teutonique, le souvenir deses anciens droits fur la Prusse, fut le motif de son opposition. Le nouveauRoi tint fa parole, & seconda de tout son pouvoir sauguste maison à la-quelle il devoit sa couronne; il lui prodigua for, plus nécessaire encoreque les soldats : cç ne fut pas feulement dans son différend avec la maisonde Bourbon, qu’il lui témoigna sa reconnoiílànce ; il feu t renverser tousles efforts que la cour de Versailles faisoit pour s’attacher les Princes cor-refpondans: il sçut enfin Lire accepter par les opposons la promesse queLéopold leur fit, de terminer bientôt cette affaire, d’une maniéré satisfai-sante pour tous les Etats de l’Empire. Quant aux secours que Léopolddésiroit, tout ce qu’il put obtenir, ce fut une nouvelle assurance d’uneexacte neutralité; elle ne fut pas même observée, avec cette bonne soitmrs de Ba- stu'H avo ^ droit d’atrendre; l’Electeur de Bavière, Gouverneur Généralvìere V de âes Pays-bas, reçut des garnisons Françoiscs dans les villes Flamandes:Cologne. l’Electeur de Cologne, son frere, suivit cet exemple ; & l’on vit lc-s enseignesFrançoiscs arborées fur les remparts des places fortes de l'Electoral de Co-logne, & de la citadelle de Liege. Léopold, n’attendant plus du CorpsGermanique, que des trahisons fecrettes, chercha des Alliés hors de l’Al-Triple Ai- Lmagne, & forma avec le Roi d’Angleterre & la Hollande cette ligue fa-ìienee. meule, qu’on appella la Triple Alliance: les Puissances confédérées résolu-rent d’attaquer d’abord les Pays-bas, le Duché de Milan, le Royaume deNaples, & les istes de la Méditerranée. Nous ne suivrons point .les arméesdans toutes ces expéditions étrangères h l’histoire d’Allemagne, d’autantplus qu’il en a été parlé ailleurs dans cet ouvrage. (2)j J02. La conclusion de ce traité fit plus d’effet que l’Empereur n’en avoit es-péré: lorsque les Etats virent Léopold fortifié par ces alliances redouta-bles, lorsqu’on put se promettre un heureux succès de la guerre, on parutplus disposé à l’entreprendre. L’Enipefeur représenta alors , combien ilétoit dangereux de laisser ainsi la maison de Bourbon s’aggrandìr; qu’elleavoit été, dans tous les temps, ennemie du Corps Germanique; qu’ilétoit de l’intérêt de l’Empire qu’un Prince Autrichien montât fur lc trôned’Espagne, non seulement parce que l’AUemagne pourroit en tirer des se-cours directs, mais parce que si elle étoit attaquée par le Roi de France,Les Etats de un Roi d’Espagne, ami des Allemands, feroit du côté des Pyrences d’uti-‘iié'iîentM'c * es diversions cn leur faveur. Ces raisons, que Léopold avoit déjà inutile-ïEmpereur, ment exposées dans d’autres temps, entraînèrent tous les esprits; & la Dic-te déclara la guerre à la France. Les Electeurs de Bavière & de Cologne
(1) Mémoires de Ivimberti , T. x.S< 3 ion iCì vttsíaf-n Se ft ion 17.
(2) Voyez dar. r notre T. 29. íUJi. d’Espagne,